MONOPHYSISME
Hérésie christologique qui ne reconnaissait qu'une seule nature (du gr. monos, seul, et physis, nature) en Jésus-Christ : la nature divine dans laquelle s'intègre sa nature humaine. La doctrine fut d'abord soutenue au Ve s. à Alexandrie par le patriarche Dioscore et surtout le moine Eutychès. Malgré la lettre - le Tome à Flavien - que le pape st Léon Ier le Grand adressa au patriarche de Constantinople, le monophysisme triompha au synode que le saint pontife appela le « brigandage d'Éphèse » (449). En réponse, le concile de Chalcédoine prit pour règle le Tome et déclara que Jésus-Christ « est en deux natures, qui demeurent sans confusion, sans changement, sans division ni séparation ». Les monophysites, qui prétendaient être seulement fidèles à la doctrine de st Cyrille d'Alexandrie dénoncèrent le concile de Chalcédoine comme nestorien (v.). Au VIIe s., le conflit religieux entre l'Église latine et l'Église d'Orient contribua beaucoup à affaiblir l'Empire byzantin, qui, au même moment, subissait les attaques des Perses et des Arabes ; dans l'espoir de rétablir l'unité de l'Église, désormais menacée en Orient par l'islam, l'empereur Héraclius favorisa la diffusion d'une doctrine plus modérée, le monothélisme, qui, à défaut de parler d'une seule nature, affirmait l'existence d'une seule volonté dans le Christ. Encouragé par le patriarche Sergius, Héraclius (610/41) donna sa charte à la nouvelle hérésie avec l'Ecthèse (638). Puis l'empereur Constant II, essayant de rétablir la paix sans trancher le débat théologique, interdit de parler d'une ou de deux volontés (648). Cette initiative fut condamnée par le concile du Latran (649) : le pape st Martin Ier et st Maxime le Confesseur, défenseurs de l'orthodoxie, furent alors arrêtés et déportés sur l'ordre de l'empereur. Le monothélisme fut définitivement condamné au VIe concile oecuménique de Constantinople (680/81). MONOPHYSISME. Nom donné à une hérésie chrétienne apparue au Ve siècle. Elle ne reconnaît en Jésus-Christ qu'une seule nature, la nature divine. Condamné en 451 au concile de Chalcédoine, le monophysisme resta vivant en Orient (Égypte, Palestine, Syrie) et contribua, aux Ve-vie siècles, à l'affaiblissement de l'Empire byzantin en Orient. Les monophysites, adeptes de cette doctrine, constituent aujourd'hui trois Églises indépendantes : l'Église jacobite de Syrie, l'Église arménienne et l'Église copte (en Égypte et en Éthiopie).