MOLTKE Helmuth, comte von
Feld-maréchal prussien. Attaché depuis 1832 au grand état-major, il effectua de 1835 à 1839 une mission en Turquie et participa aux campagnes contre les Kurdes et contre Méhémet-Ali. Revenu en Allemagne en 1840, il devint chef du grand état-major en 1858 et fut le promoteur de l'importante réforme militaire imposée par Bismarck, en dépit de l'opposition parlementaire en 1862. Véritable créateur de la stratégie prussienne, qu'il sut transmettre aux officiers, Moltke fut à l'origine des succès foudroyants remportés contre l'Autriche en 1866 et contre la France en 1870. Moltke a écrit de nombreux ouvrages de stratégie et d'histoire militaire, en particulier une histoire de la guerre de 1870/71 (Gesammelte Schriften und Denkwürdigkeiten, 1891/93).
Moltke, Helmuth Karl, comte von (Parchim 1800-Berlin 1891); maréchal prussien et chef d’Etat-major. Tout comme ses prédécesseurs Scharnhorst et Gneisenau, M. est un « Prussien d’adoption ». Après une éducation rigide dans le corps des Cadets danois, il passe au service de la Prusse comme lieutenant en 1822. Mais après avoir suivi l’Ecole générale de guerre où - avec Roon - il rencontre le géographe Karl Ritter, dès 1828 il est nommé au Grand État-Major et ne fera plus désormais de service actif. Sa culture très vaste, notamment en histoire et en politique, trouve une occasion idéale de s’enrichir en Turquie, où il exerce les fonctions d’instructeur et de conseiller de l’armée ottomane (1835-1840). À son retour, il est affecté au service public et au service des officiers d’ordonnance, jusqu’en 1857 où il succède à von Reyhers et devient, sur proposition de celui-ci, chef de l’état-major avec le rang de général de brigade. À cette époque le chef de ce service sous tutelle du ministère de la Guerre ne possède que des fonctions de conseiller. C’est pourquoi M. ne participe pas à la réforme de l’armée, mais se consacre néanmoins avec beaucoup d’énergie à la réorganisation de son service et de la formation au commandement. Son efficacité se remarquera au cours des guerres qui jalonnent le règne de Guillaume Ier. Les victoires germano-prussiennes de 1864, 1866 et 1870-1871 sont son œuvre, même si ce n’est qu’au cours de la guerre contre le Danemark qu’il pourra exercer une réelle influence sur les opérations militaires. Son talent militaire se manifeste pendant la bataille de Koniggrätz (1866) et pendant les combats de 1870 contre la France de Napoléon III, surtout lors de la bataille de Sedan, où il applique la tactique classique de l’encerclement et de l’anéantissement. Selon lui, la stratégie est le « système des expédients » qui, vu les nombreux impondérables, permet de prévoir le début mais pas le déroulement complet d’une campagne. Sa mission consiste donc, à ses yeux, à préparer minutieusement une bataille en utilisant toutes les ressources techniques, tout en laissant à ses subordonnés une large marge de manœuvre pendant le déroulement des combats. M. est célébré dans l'Empire de Guillaume Ier et de Guillaume II comme un génie militaire. Son neveu Helmuth von Moltke (1848-1916), commandant en chef de l’armée allemande lors de l’invasion de la Belgique et de la France en 1914, connaît au contraire un échec au cours de la bataille de la Marne et doit démissionner à l’automne 1914.
MOLTKE, Helmuth, comte von (Parchim, Mecklembourg, 1800-Berlin, 1891). Maréchal allemand. Chef du grand état-major (1857-1888), il fut, avec Roon, à l'origine de la puissance militaire allemande. Fils d'un général danois, il passa au service de la Prusse. Promoteur de l'importante réforme militaire imposée par Bismarck malgré l'opposition libérale de la Diète, Moltke, disciple de Clausewitz et créateur de la stratégie prussienne, fut à l'origine des victoires prussiennes contre l'Autriche (Sadowa, 1866) et contre la France en 1870-1871. Il a écrit de nombreux ouvrages de stratégie et d'histoire militaire. Voir Franco-allemande de 1870-1871 (Guerre).
MOLTKE, Helmuth Johannes, comte von dit le Jeune (Gersdorf, Mecklembourg, 1848-Berlin, 1916). Général allemand. Neveu du maréchal von Moltke, il succéda en 1906 à Schlieffen comme chef d'état-major général de l'armée allemande. En 1914, il reprit le plan Schlieffen, envahit la Belgique neutre et perça les frontières françaises. Mais, croyant la victoire assurée, il renforça les fronts de Lorraine et de Prusse Orientale, affaiblissant ainsi son aile droite. Cette erreur stratégique valut aux Allemands la défaite de la bataille de la Marne. Moltke fut dès lors relevé de son commandement et remplacé par Falken-hayn. Voir Guerre mondiale (Première).