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MOLLET Guy

Homme politique français. Maire d'Arras en 1945, député du Pas-de-Calais et secrétaire général de la SFIO en 1946, il fut ministre d'État dans les gouvernements Blum (1946/47), Pleven (1950/51) et vice-président du Conseil du cabinet Queuille (1951). Président du Conseil (janv. 1956/mai 1957), il dut affronter les développements de l'affaire algérienne, face aux partisans de l'« Algérie française », d'une part, et aux nationalistes algériens, de l'autre. Pour affaiblir le soutien que l'Égypte apportait à ces derniers, Guy Mollet décida, en nov. 1956, d'intervenir de concert avec les Britanniques, après l'offensive des troupes israéliennes en oct. sur le canal de Suez (v.) dont Nasser avait décrété la nationalisation (26 juill.). Mais l'intervention diplomatique de l'URSS et des États-Unis réduisit à néant les bénéfices stratégiques que G. Mollet comptait tirer de cette opération. Dépassé par le conflit algérien, le gouvernement Mollet favorisa néanmoins l'évolution vers l'indépendance des colonies (v.) africaines par la loi-cadre Defferre. Vice-président du cabinet Pflimlin en 1958, G. Mollet consentit au recours à de Gaulle, qui le fit ministre d'État (juin 1958/janv. 1959). Il passa à l'opposition en 1962.

Mollet, Guy (Flers 1905-Paris 1975); homme politique français.

Né dans l’Orne, fils d’une concierge et d’un tisserand, tôt orphelin, M. poursuit ses études grâce à des bourses ; professeur d’anglais, secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement en 1939, puis résistant, chef de l’Organisation civile et militaire pour le Pas-de-Calais et, à la Libération, député-maire d’Arras, réélu ensuite sans interruption, M. devient en 1946 secrétaire général de la SFIO, au nom du dogme marxiste contre le « blumisme » humaniste de Daniel Mayer. Il est ministre d’État de Blum en 1946, chargé du Conseil de l’Europe sous Pleven en 1950 et vice-président du Conseil de Queuille en 1951. Après une législature où la SFIO, exclue des responsabilités ministérielles, se divise sur la CED, dont M., fervent « européen », est un chaud partisan, les élections du 2 janvier 1956 lui ouvrent la présidence du Conseil. A Alger, dès le 6 février, sous les jets de tomates des colons, il renonce à nommer un gouverneur libéral. Puis il engage le contingent en Algérie, couvre les initiatives des militaires, lance l’expédition de Suez contre Nasser. Ce « national-mollettisme » fait oublier ses mesures sociales, qui causent en mai 1957 la chute de son ministère, le plus long de la IVe République. En 1958, rallié à de Gaulle, il est ministre d’Etat : la gauche de la SFIO, très hostile, fait scission. Il rompt avec de Gaulle dès fin 1958, et cherche à retarder la décomposition de la SFIO. La fin de cette dernière, en 1969, et la création du PS le font rentrer dans le rang et, jusqu’à sa mort, il se consacre à l’Office universitaire de recherches socialistes, son club historico-politique.

Bibliographie : B. Ménager, Guy Mollet. Un camarade en République, Lille, 1987.




MOLLET, Guy (Flers, 1905-Paris, 1975). Homme politique français. Secrétaire général de la SFIO de 1946 à 1969, il présida un gouvernement en 1956-1957, qui fut marqué par un net durcissement de la politique algérienne. Militant socialiste, résistant pendant la guerre, il débuta sa carrière après 1945, en devenant maire d'Arras et député du Pas-de-Calais (1945). Devenu secrétaire général de la SFIO en 1946, il joua un rôle d'arbitre dans les crises ministérielles de la Quatrième République en refusant ou en accordant la participation ou le soutien des socialistes aux divers gouvernements, lui-même étant plusieurs fois ministre. La victoire du Front républicain (socialistes et radicaux de Mendès France) en janvier 1956 lui permit d'accéder à la présidence du Conseil (31 janvier 1956-21 mai 1957). Son gouvernement fut le plus long de la Quatrième République. Cependant, si sa politique sociale (troisième semaine de congés payés), européenne (signature des traités de Rome instituant le Marché commun et l'Euratom) et même coloniale (loi-cadre Defferre qui favorisa l'évolution de l'Afrique noire vers son indépendance) fut novatrice, il manifesta une grande intransigeance sur la question algérienne. L'échec de l'expédition franco-britannique et israélienne de Suez (octobre-novembre 1956) créa un important malaise à gauche et au sein de la SFIO et ses adversaires parlèrent de « national molletisme » pour caractériser son action gouvernementale. Mis en minorité, il démissionna en mai 1957 mais fut rappelé dans l'éphémère cabinet Pflimlin lors de la crise de mai 1958. Redoutant le coup de force militaire, il rallia la SFIO au général de Gaulle et fit partie de son gouvernement comme ministre d'État (1958-1959). Après avoir quitté le gouvernement en janvier 1959, il devint un adversaire résolu du gaullisme.

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