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MOLINA (Luis)

MOLINA (Luis), théologien jésuite espagnol (Cuenca 1535 -Madrid 1601). Il enseigna à Evora, puis se retira à Cuenca, où il publia ses cours. Son principal ouvrage, l'Accord du libre arbitre avec les dons de la grâce, la prescience divine, la Providence, la prédestination et la réprobation, provoqua des controverses qui eurent un grand retentissement. Sa doctrine, le molinisme, affirme que la grâce doit être efficace et que, si l’homme n’en fait pas toujours un bon usage, Dieu sait de toute éternité ce qu’il en adviendra : l’homme reste libre. Les dominicains espagnols et surtout les jansénistes (ceux-ci avec violence) s’opposèrent à cette doctrine, tandis que les jésuites étaient pour la plupart molinistes.

MOLINA (Luis), jésuite espagnol (Cuenca 1535-Madrid 1601). Entré chez les Jésuites à Alcalà (1553), il enseigna ensuite à Coimbra, puis à Evora. C'est en 1587, retiré à Cuenca, qu'il publia ses cours de théologie, où il s'efforce de concilier avec la liberté humaine la prescience de Dieu et la nécessité de la grâce. Sans nier le caractère surnaturel de la grâce et la toute-puissance divine, Molina insiste sur l'effort humain dont nous avons intérieurement conscience. Dès son apparition (1588), ce système eut des défenseurs (les molinistes : la plupart théologiens de la Compagnie de Jésus) et des adversaires (les dominicains espagnols, les jansénistes) passionnés. Les « congrégations » organisées à ce sujet par les papes Clément VIII et Paul V, pour analyser et juger le molinisme, aboutirent à un non-lieu.

MOLINA Luis de. Théologien et philosophe espagnol. Né en 1535 à Cuenca, en Nouvelle Castille, mort à Madrid le 14 octobre 1600. Après avoir fait ses premières études à Cuenca, il suivit les cours de l’Université de Salamanque, puis de l’Université d’Alcala. La première de ces deux universités bénéficia du mouvement de réforme instauré par Francesco de Vitoria, à telle enseigne qu’elle rivalisait avec l’université de Paris; quant à la seconde, qui avait été fondée vers la fin du XVe siècle par le cardinal Ximénès, elle était en train de devenir un des centres de l’humanisme chrétien, et de la renaissance de la théologie et de la philosophie scolastique. En 1546 avait été ouvert, à Alcala, le premier Collège de la Compagnie de Jésus qui existât en Espagne. Molina entra en contact avec les pères du Collège, et, le 10 août 1553, obtint la permission d’entrer dans l’Ordre. En 1562, il termina ses études de théologie à l’Université d’Evora, au Portugal, université fondée depuis peu et confiée aux jésuites. Après qu’il eut enseigné la philosophie pendant quatre ans à Coïmbre, Molina fut appelé par l’infant de Portugal, qui lui demanda d enseigner la théologie à Evora. Il y professa pendant plus de vingt ans avec un extraordinaire succès. Esprit prompt et passionné pour la vérité, il savait éveiller, grâce à sa manière vivante et élégante de s’exprimer, l’intérêt et même l’enthousiasme de ses disciples. Il ne s’avoua jamais vaincu devant les problèmes les plus difficiles à résoudre, et quelque tumulte que soulevassent ses œuvres et sa doctrine, il conserva toujours une attitude digne et sereine. Il composa trois ouvrages : un commentaire à la première partie de la Somme théologique de saint Thomas [Commentaria in primam divi Thomae partem in duos tomos divisa], un traité De la justice et du droit [De justifia et jure], en six volumes in folio, et enfin ce par quoi son nom est devenu célèbre, l'Accord du libre arbitre avec les dons de la grâce, la divine prescience, la providence et la réprobation , publié pour la première fois a Lisbonne en 1588, et en édition définitive à Anvers en 1595. Il y soulevait une des plus fameuses polémiques qui se soient produites au sein de l’Eglise catholique. Comme Molina avait l’impression que l’enseignement des dominicains, et spécialement du père Banez, sur la grâce surnaturelle et sur la prédestination divine, conduisait à la suppression de la liberté humaine, thèse défendue par Luther et par les protestants, il proposait une interprétation définitive des textes de la Sainte Ecriture, des Pères de l’Eglise et en particulier de saint Thomas d’Aquin, interprétation grâce à quoi se pouvait conclure l’existence d’une liberté plénière, encore que la grâce soit absolument nécessaire au salut de chacun. La façon dont Molina conciliait la liberté et la grâce, la prescience divine et les actions humaines, différait totalement de celle de Banez qui recourait à une prédestination physique. Les discussions prirent un tour dangereux. Sur les instances de Philippe II, le Saint-Siège accepta de juger la cause à Rome. Des commissions spéciales furent instituées. La controverse fut appelée « De auxiliis » et dura sans interruption pendant treize ans. On décréta, pour conclure, que l’opinion des dominicains n’était pas la même que celle des protestants, et que celle des jésuites différait de celle des pelagiens. Ceci se passait en 1611. Après avoir soulevé cette polémique à laquelle il se mêla pendant les premiers temps, Molina fut chargé d’enseigner, en 1600, la théologie au Collège impérial de Madrid. Il mourut six mois plus tard, à l’âge de soixante-cinq ans.

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