MOHAMMED V (1909-1961)
Sultan (1927-1957), puis roi du Maroc (1957-1961).
Né à Fès, troisième fils du sultan Moulay Youssef, Sidi Mohammed ben Youssef reçoit une éducation traditionnelle, puis succède à son père en tant que sultan. Le 30 mai 1930, manipulé par l’administration coloniale française, il signe le dahir berbère. Ce décret rétablit le droit coutumier berbère au détriment du droit musulman administré par le sultan, visant par là à diviser la nation en s’appuyant sur le particularisme berbère, peu de temps après la fin de la guerre du Rif (1921-1926). Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’oppose à la politique anti-juive du régime de Vichy qui collabore avec les nazis. Le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 lui donne l’occasion de faire progresser la cause nationaliste auprès des Anglo-Saxons. Le 11 janvier 1944, le parti de l’Istiqlal inspiré par Allal el-Fassi remet son Manifeste de l’Indépendance au sultan, au résident général (représentant la France), ainsi qu’aux consuls britannique et américain.
Du fait d’une manipulation de militaires et de hauts fonctionnaires français alliés à des notables marocains dont le pacha de Marrakech Thami el-Glaoui, le sultan est déposé le 20 août 1953 et contraint à l’exil (d’abord en Corse, puis à Madagascar). Mais le peuple ne reconnaît pas son oncle, le sultan fantoche Mohammed Ben Arafa, comme légitime. Sidi Mohammed en est d’autant plus conforté comme incarnation de la nation, alors que des mouvements indépendantistes armés se développent. Le 16 novembre 1955, il revient au pays dans une atmosphère de ferveur populaire. L’indépendance est effective le 2 mars 1956. À sa mort, son fils Hassan II lui succède.
Mohammed V, Sidi Mohammed ben Youssef (Fès 1909-Rabat 1961); roi du Maroc [1957-1961].
Fils cadet du premier sultan alaouite Moulay Yusuf, il est désigné arbitrairement par les Français pour lui succéder en 1927. Jeune, sans formation politique, il est manipulé par les autorités françaises qui le confinent dans l’oisiveté. En 1930, la résistance au dahir berbère (loi instaurant un séparatisme artificiel entre les Marocains) l’incite à sortir de sa réserve politique. Au-delà des luttes partisanes, il se veut l’incarnation du Maroc et des institutions chérifiennes, détournées par le régime du protectorat. En 1943, lors de l’entrevue d’Anfa, Roosevelt lui apporte une caution internationale, renforcée par la publication en 1944 du manifeste de l'Istiqlal (parti créé en 1943) qui demande l’indépendance sous son égide. Dans son discours de Tanger en 1947, il revendique ce rôle de chef de la renaissance nationale. Soumis au jeu des pressions et des ouvertures du protectorat français jusqu’en 1953, il cherche à éviter les conflits, parfois au prix du reniement. Rendu intransigeant par la violence des affrontements (émeutes urbaines, Istiqlal interdit en 1952), il est déposé et exilé à Madagascar en 1953. Il est rappelé en 1955, plus populaire que jamais, et il obtient en 1956 une indépendance négociée. Il se fait proclamer roi du Maroc en 1957 pour souligner le caractère absolu de son pouvoir que son prestige et son sens du dialogue font accepter à la population. En 1960, la victoire de l’opposition aux élections municipales durcit son attitude : il dirige désormais le gouvernement avec son héritier Moulay Hassan, accordant comme seule contrepartie la promesse de donner une Constitution au pays en 1962 au plus tard. Il meurt brutalement en 1961. «Roi consacré par son peuple », il a su affermir la royauté au Maroc.
Bibliographie : C.-A. Julien, Le Maroc face aux impérialismes, 1978.
MOHAMMED V ben Youssef (Fès, 1909-Rabat, 1961). Sultan puis roi du Maroc (1957-1961), il obtint de la France l'indépendance de son pays. Troisième fils de Moulay Yousouf, il fut choisi comme sultan par les autorités françaises au détriment de ses deux frères aînés. D'une forte personnalité et très populaire, il refusa d'appliquer durant la Seconde Guerre mondiale les mesures antisémites dictées par Vichy. Après la défaite française de 1940 puis le débarquement allié en Afrique du Nord en 1942, il manifesta ses sympathies nationalistes lorsque l'Istiqlal lança le mot d'ordre d'indépendance en 1944. Dans son discours de Tanger (1947), il insista sur la solidarité arabe, provoquant la nomination du général Juin comme résident général au Maroc qui, malgré de sévères mesures, ne parvint pas à imposer ses volontés au sultan. La France tenta alors de dresser contre lui les tribus berbères (féodaux du Sud) et le Glaoui, pacha de Marrakech. En août 1953, Mohammed fut déposé, exilé d'abord en Corse puis à Madagascar et remplacé par son cousin ben Arafa. Le mouvement nationaliste répondit à cette mesure par l'action armée (terrorisme et guérilla dans le Rif). Cependant, après l'échec en Indochine (1954) et l'insurrection algérienne (novembre 1954), la France rappela le sultan, accueilli triomphalement. Les entretiens de La Celle-Saint-Cloud (1955) s'engagèrent à donner l'indépendance, accordée en mars 1956. Après avoir pris le titre de roi du Maroc (1957), il nomma son fils et successeur Hassan à la vice-présidence.
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