MITTERRAND François (1916-1996)
MITTERRAND François (1916-1996)
Homme politique français.
Venu des Charentes, François Mitterrand étudie le droit et les sciences politiques à Paris. Blessé et fait prisonnier en 1940, il s’évade fin 1941. Il travaille au sein du Commissariat des prisonniers de guerre à Vichy et constitue un réseau de résistance, le Mouvement national des prisonniers de guerre. À ce titre, il participe fin août 1944 au gouvernement dirigé par le général de Gaulle. Il s’oppose cependant autant à ce dernier qu’au « tripartisme », l’alliance constituée par le PCF (Parti communiste français), le Parti socialiste et le MRP (Mouvement républicain populaire) qui lui succède en janvier 1946. Élu député de la Nièvre en novembre 1946 au titre de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), une organisation charnière située au centre gauche qu’il préside à partir de 1951, il est fréquemment ministre sous la IVe République, notamment de l’Information, de l’Outre-Mer, de l’Intérieur (1954-1955) et de la Justice (1956-1957). F. Mitterrand s’affirme alors comme un homme politique d’avenir, libéral et réformiste, favorable à la construction européenne et à une émancipation progressive des colonies (mais la guerre d’Algérie, qui fait tomber la IVe République, ternit cette image). Il s’oppose avec énergie en mai 1958 au retour au pouvoir du général de Gaulle, qu’il affronte comme candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle de 1965 et qu’il contraint à un second tour. Il préside la Fédération de la gauche démocrate et socialiste - FGDS - (1965-1968) et, après quelques péripéties, devient premier secrétaire du nouveau Parti socialiste fondé en juin 1971. Il conclut l’Union de la gauche (programme commun de gouvernement avec le PCF et les radicaux de gauche, 1972), échoue de peu à l’élection présidentielle de 1974 face à Valéry Giscard d’Estaing et aux élections législatives de 1978, mais il est enfin élu avec 52 % des voix président de la République le 10 mai 1981.
Réélu en 1988 contre Jacques Chirac par 54 % des votants, F. Mitterrand préside la Ve République pendant quatorze ans, établissant un record de durée. Mais sa majorité n’est au pouvoir que sous les deux législatures de 1981-1986 et 1988-1993. Les réformes institutionnelles ou sociales sont nombreuses : abolition de la peine de mort, décentralisation, nationalisations, RMI (Revenu minimum d’insertion), cinquième semaine de congés payés, etc., comme les réalisations culturelles. La « rigueur » économique adoptée en 1983, l’essoufflement des réformes et la hausse continue du chômage marquent toutefois les limites des transformations entreprises. La fin du second mandat présidentiel est assombrie par des « affaires » politico-financières et par la déroute de la gauche aux élections législatives de 1993.
Les années Mitterrand (1981-1995)
« changer la vie » Slogan de la campagne présidentielle de Mitterrand, en 1981, extrait d'un texte de Rimbaud. Il résume les 110 propositions du candidat socialiste. Il annonce la volonté d'une rupture politique, sociale et économique après 25 années de pouvoir exercé par la droite, et porte l'espérance du «peuple de gauche». Une nouvelle France doit voir le jour, fondée sur la justice sociale, l'expression des libertés et le progrès.
décentralisation priorité du programme de François Mitterrand, elle est initiée par Gaston Defferre, ministre de l'intérieur du gouvernement Mauroy. Elle accorde aux collectivités locales, aux régions et aux départements une plus grande autonomie. Cette politique est poursuivie et approfondie par ses successeurs jusqu'à nos jours. tournant de la rigueur Après l'échec d'une politique de relance par la consommation, le Premier ministre Pierre Mauroy initie, en 1983, le tournant de la rigueur. La politique économique de la gauche se confond progressivement avec celle de la droite, créant un désarroi profond chez les militants de gauche. Elle annonce la politique du «ni-ni» de 1988 : ni privatisations ni nationalisations.
« touche pas à mon pote » Slogan de l'association SOS Racisme, fondée en 1984 pour répondre à la progression du Front national de Jean-Marie Le Pen. Celui-ci s'est installé sur la scène politique à partir des élections municipales de 1983 et des européennes de 1984. Ce slogan devient l'emblème d'une jeune génération nommée «génération Mitterrand». Les années Mitterrand sont marquées par la progression de l'extrême droite, pour laquelle l'immigration apparaît comme une des causes des maux français.
cohabitation Nouvelle situation institutionnelle, caractérisée par la division du pouvoir exécutif entre un Président et un Premier ministre qui n'ont pas la même couleur politique. Pour la première fois, suite à la défaite de la gauche aux élections législatives de 1986, Mitterrand est contraint de nommer Premier ministre Jacques Chirac, le leader de la droite. La cohabitation révèle la souplesse des institutions de la Ve République et devient une pratique récurrente.
RMI (Revenu minimum d'insertion.) Mis en place par le Premier ministre socialiste, Michel Rocard, en 1989, il prévoit le versement d'une aide financière aux sans-emploi qui ne touchent plus l'allocation chômage. Elle est censée faciliter leur réinsertion. Les gouvernements ne parviennent pas en effet à résoudre la crise et à supprimer la misère. Cette mesure touche un million de personnes.
« tripartisme » Coalition qui rassemble le parti communiste, les socialistes de la SFIO (Section française de l'internationale ouvrière) et le MRP (Mouvement républicain populaire) et qui est à l'origine des institutions de la IVe République. Elle gouverne la France d'octobre 1946 à mai 1947. À cette date, le président du Conseil, Ramadier, révoque les ministres communistes en raison des grèves violentes qui ont paralysé le pays dans le contexte de guerre froide débutante.
MITTERRAND, François (Jarnac, 1916-). Homme politique français. Hostile au général de Gaulle, il s'employa sous la Cinquième République à rassembler la gauche non communiste. Dirigeant du Parti socialiste, il fut élu président de la République en 1981 et réélu en 1988. Diplômé de l'École libre des sciences politiques et d'études supérieures de droit public, Mitterrand devint avocat. Prisonnier de guerre, il s'évada trois fois et, bien que décoré de la francisque par le gouvernement de Vichy, il s'engagea dans la Résistance. Député de la Nièvre en 1946, il siégea à l'Assemblée sur les bancs de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) jusqu'en 1958, n'abandonnant son mandat que pour être sénateur (1959-1962). Il fut successivement ministre des Anciens Combattants (1947-1948), de l'information (1948), de la France d'Outre-Mer (1950-1951). Président de l'UDSR, il devint ministre d'État dans le cabinet Laniel (1953) mais démissionna pour protester contre la déposition du sultan du Maroc, et préconisa des solutions libérales concernant les problèmes coloniaux. Ministre de l'intérieur dans le cabinet Mendès France (1954-1955), puis de la Justice dans le gouvernement Guy Mollet (1956-1957), il vota en juin 1958 contre l'investiture du général de Gaulle et devint, dans l'opposition, l'un des principaux leaders de la gauche socialiste. Président de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS, 1965), il fut candidat à la présidence de la République en 1965 et réussit à mettre de Gaulle en ballottage. Premier secrétaire du Parti socialiste (congrès d'Épinay, juin 1971), il mit au point avec le parti communiste un programme commun de gouvernement de la gauche. De nouveau candidat en mai 1974 à la présidence de la République, Mitterrand, soutenu par l'ensemble de la gauche et les grandes centrales syndicales, fut devancé de justesse par Valéry Giscard d'Estaing et obtint 49,19 % des voix au second tour. L'actualisation, en 1977, du programme commun provoqua la rupture de l'union de la gauche. Profitant de la division et de l'affaiblissement de ses adversaires, Mitterrand fut élu, en mai 1981, à la présidence de la République avec 51,75 % des voix contre Giscard d'Estaing. Il incarna désormais les espoirs d'une gauche écartée du pouvoir depuis 1957. Pierre Mauroy devint Premier ministre d'un gouvernement où siégèrent, pour la première fois depuis 1947, quatre ministres ou secrétaires d'État communistes. S'appuyant sur une écrasante majorité remportée aux élections législatives en juin 1981, Mauroy s'employa à réaliser le programme présidentiel par une relance économique fondée sur l'augmentation du pouvoir d'achat et les nationalisations. Cependant à « l'état de grâce » (1981-1982) succédèrent les difficultés (chômage non maîtrisé, dévaluations, déficit commercial et endettement extérieur). Une politique de rigueur conduite par Jacques Delors à partir de 1983 fut mise en place et permit la réduction du déficit commercial, l'équilibre des comptes sociaux et la réduction de l'inflation. Cette politique fut cependant désapprouvée par les communistes qui refusèrent de participer au gouvernement de Laurent Fabius ( 1984-1986). En politique extérieure, Mitterrand tenta de donner à la France une position d'arbitre international en intervenant au Liban et approuva l'installation des euromissiles de l'OTAN en Europe. Le recul des socialistes aux élections européennes (1984) et aux élections cantonales (1985), le réveil de la querelle scolaire et le désenchantement d'une partie de l'opinion publique amenèrent la défaite de la majorité présidentielle aux élections législatives de mars 1986. S'imposa alors la cohabitation, avec un gouvernement dirigé par Jacques Chirac, durant laquelle Mitterrand conserva un rôle actif dans les domaines de la défense et de la politique extérieure. Aux élections présidentielles de mai 1988, il l'emporta sur Jacques Chirac. Les élections législatives de juin ne donnèrent au Parti socialiste qu'une majorité relative. Mitterrand choisit successivement pour Premier ministre Michel Rocard, leader de l'aile modérée du PS, Édith Cresson et Pierre Bérégovoy. Le triomphe de la droite aux élections législatives de 1993 imposa à Mitterrand une nouvelle cohabitation avec Édouard Balladur nommé Premier ministre. Il a quitté la présidence de la République le 17 mai 1995.
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- LANG, Jack (né en 1939)Créateur du festival de théâtre de Nancy en 1963, puis directeur du Palais de Chaillot et professeur de droit, il est l'invariable ministre de la Culture de tous les gouvernements socialistes sous François Mitterrand.