MIRA DE AMESCUA Antonio ou Mirademescua
MIRA DE AMESCUA Antonio ou Mirademescua. Dramaturge espagnol de l’école de Lope de Vega. Né à Guadix (province de Grenade) vers 1574, il y mourut le 8 septembre 1644. Sa naissance irrégulière influa peut-être sur son caractère, qui était violent. Mira étudia la théologie à Grenade, passa son doctorat, fut ordonné prêtre et nommé, vers 1609, aumônier de la chapelle royale de cette ville. A cette époque, il avait déjà publié des poésies et des pièces de théâtre, parmi lesquelles La Roue de la fortune [La Rueda de la fortuna] et Le Phénix de Salamanque . Puis le poète s’en fut à Madrid où il fréquenta les milieux littéraires, et ses relations avec des seigneurs de la cour lui valurent d’accomplir un voyage à Naples en compagnie du comte de Lemos qui allait devenir vice-roi (1610). Il y fonda l’« Académie des Oisifs » et se fit beaucoup d’amis parmi les écrivains. De retour en Espagne (vers 1618), il prit part aux fêtes de la canonisation de saint Isidore (1620) et, comme on lui avait proposé de troquer son aumônerie contre une autre, dépendant du cardinal infant Don Fernando d’Autriche, il s’attarda quelque peu à Madrid, au grand mécontentement du chapitre de Grenade. En 1632, il se retira à Guadix et fut admis au chapitre de la cathédrale, après avoir bénéficié d’une dispense relative à sa bâtardise. Le théâtre de Mira de Amescua accentue encore les complications de l’intrigue telle que la concevait Lope de Vega, et parfois n’hésite pas à imbriquer deux trames différentes dans la même comédie dramatique. Son originalité est indéniable, en particulier dans les pièces où domine un personnage féminin, par exemple Le Phénix de Salamanque [La Fénix de Salamanca] , L’Entremetteuse pour soi-même [La Tercera de si misma], La Décision contre son propre sang et On ne badine pas avec les femmes [No hay burlas con las mujeres], axée sur l’exaltation de l’honneur féminin, thème qui sera repris et amplifié dans le théâtre de Rojas Zorilla. Parmi les comédies de Mira, citons La Maison du tricheur [La Casa del Tahur], importante du point de vue social, Rachel la laide , dont le sujet est emprunté à une comédie de Lope de Vega sur l’amour d’Alphonse VIII et d’une Juive de Tolède, Le Palais compliqué [El palacio confuso], évocation de la vie de cour, et Galant, vaillant et discret [Galàn, valiente y discrète], dans laquelle deux prétendants, pour mener à bien leurs affaires, font assaut d’ingéniosité. Deux œuvres importantes sont d’inspiration religieuse : L’Hôtelière du ciel [La Mesonera del Cielo], dont l’action se passe au Moyen Age, et surtout L’Esclave du démon . Quant aux « autos sacramentales » et aux comédies bibliques, leur importance est moindre. Mira de Amescua est, en outre, un délicat poète lyrique, auteur de la fameuse « cancion real » qui commence ainsi : « Ufano, altivo, alegre, enamorado. » On lui doit également les œuvres dramatiques suivantes : Le Plus Grand Exemple de malheur , Vie et mort de saint Lazare et L’Adultère vertueuse, sainte Marie l’Egyptienne .
♦ "Grand inventeur de sujets que d’autres mettront plus tard à contribution et versificateur éminent. " Menéndez y Pelayo.