Databac

MINISTERIALES

Au Moyen Âge, nom donné à des serfs (v. SERVAGE) qui, chargés par leurs maîtres de missions de confiance, finirent par constituer une classe particulière et privilégiée. Du fait de leur condition servile, ces ministeriales étaients souvent, pour un seigneur, des agents d'exécution plus dociles et plus sûrs que les vassaux. Messagers, administrateurs de terres, chefs du personnel, ils se virent aussi confier des missions militaires telles que le commandement d'une petite troupe ou la garde d'un château. Portant les armes, ils reçurent l'adoubement et devinrent des « chevaliers-serfs », pourvus de fiefs transmis héréditairement. Peu à peu, la distinction entre les chevaliers-serfs et les chevaliers-nobles devint très incertaine et, à la fin du XIIIe s., en France, les ministeriales commencèrent à être intégrés à la noblesse. Leur rôle fut considérable en Allemagne. Aux prises avec une noblesse souvent rebelle, les empereurs appartenant à la dynastie des Saliens et à celle des Hohenstaufen (XIe/XIIIe s.) confièrent à des ministeriales les plus grands offices de cour. Le sénéchal Markward d'Anweiler, par exemple, fut investi en 1197 du duché de Ravenne et du marquisat d'Ancône par Henri VI et devint régent de Sicile à la mort de cet empereur. Comme en France, à partir du XIVe s., les ministeriales allemands accédèrent à la noblesse.