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MING

Dynastie impériale qui régna sur la Chine de 1368 à 1644 et compta vingt empereurs. Elle eut pour fondateur un bonze d'origine paysanne, Tchou Yuan-tchang, qui chassa de Pékin le dernier descendant de la dynastie mongole (v.) fondée par Koubilaï (sept. 1368). Les Ming s'attachèrent à restaurer politiquement et moralement l'unité chinoise ; ils remirent en honneur toutes les valeurs traditionnelles et protégèrent le culte confucéen. La dynastie atteignit son apogée sous l'empereur Yonglo (1403/24), qui transféra la capitale de Nankin à Pékin et affirma la puissance chinoise en Mongolie, en Indochine et organisa d'audacieuses expéditions maritimes jusque dans les mers de la Sonde et l'océan Indien. Mais, après lui, les Ming se renfermèrent dans une attitude conservatrice. Ils ne surent pas utiliser leurs connaissances pour moderniser la Chine, et celle-ci, à la fin des Ming, accusait déjà un grave retard sur l'Occident. Dans les domaines de la pensée et de l'art, l'époque Ming fut d'une grande richesse. Pékin s'enrichit de nouveaux édifices. La nécropole des Ming et ses célèbres tombeaux furent aménagés près de la capitale. Les Ming portèrent l'art de la porcelaine polychrome à son apogée et encouragèrent une abondante production picturale.

Ming ; dynastie impériale chinoise [1368-1644].

Née d’un soulèvement populaire, la dynastie Ming est une dynastie proprement chinoise, qui succède aux Yuan mongols. Son fondateur Zhu Yuanzhang (Tchou Yuan-Tchang) [1368-1398] installe sa capitale à Nankin, et adopte le nom de règne de Hongwu (Hong Wou). Déjà s’affirment les nouveaux traits caractéristiques du gouvernement de la Chine durant cette période : centralisation poussée, pouvoir impérial despotique coupé des « forces vives », influence des polices secrètes, des eunuques et des diverses factions du Palais - caractères qui s’accentuent avec le transfert en 1450 de la capitale à Pékin. Le grand règne de Yong lo [1403-1424] rend à la Chine ses frontières de l’époque mongole. De grands voyages maritimes et une intense activité diplomatique étendent son influence dans les mers du Sud jusqu’à l’Afrique et au Japon. Le xvie siècle, qui voit se succéder les empereurs Wu Tsong (Wou Tsong), Kia Tsing, Longqing (Long T’sing) et Wan Li, est également une ère de grande activité économique, stimulée par les échanges qui se développent avec l’Europe et l’introduction de nouvelles plantes vivrières. L’argent des Amériques contribue au développement de l’économie monétaire et la demande de produits d’exportation tels que tissages et porcelaine à l’essor de l’artisanat. Une abondante littérature technique et scientifique témoigne de ces progrès. Une classe de riches marchands et d’entrepreneurs se développe, dont les goûts orientent désormais la production littéraire. C’est en effet sous les Ming que fleurit une littérature romanesque en langue vulgaire, dont les sommets sont Le Roman des trois royaumes (San guo zhi yanyi) [Sankouo tche yen-yi], Au bord de l'eau (Shui hu zhuan) [Chouei hou tchouan], le Jin Ping Mei (Kin P’ing Mei) et la Pérégrination vers l'ouest (Xi you ji) [Si yeou ki]. Tout aussi florissants sont la calligraphie, l’édition de livres illustrés et d’estampes et les arts mineurs dont les célèbres porcelaines en « bleu et blanc ». Le ministre Zhang Juz-heng (Tchang Jou Tcheng) [1525-1582] s’emploie, sous le règne des empereurs Longqing (Long T’sing) [1567-1573] et Wan Li [1573-1620], à remettre en ordre les finances publiques et à améliorer la situation des petits paysans, socle de la société et de l’économie de la Chine impériale, qui bénéficient des grands travaux de régulation des cours du fleuve Jaune et de la Huai. Mais à sa mort le gouvernement des eunuques génère à nouveau gaspillages et corruption. L’Empire affaibli doit faire face aux attaques mongoles (1592) et à une invasion japonaise difficilement repoussée en Corée (1595-1598), puis à l’insurrection des armées et des paysans du Nord-Ouest - enfin, à la pénétration victorieuse des Jurchen en Mandchourie (1618-1642). Ce sont ces tribus qui, prenant en 1635 le nom de Mandchous, substituent aux Ming une nouvelle dynastie, celle des Qing (T’sing), en 1644.

Bibliographie : J. Golfin, La Dynastie des Ming : 1368-1644, in Histoire et civilisation de la Chine, 1990 ; R. Huang, 1587 : le Déclin de la dynastie des Ming, trad. fr., 1985.




MING (Dynastie). Dynastie impériale chinoise qui supplanta celle des Yuan mongols et qui régna sur la Chine de 1368 à 1644. Elle compta 20 empereurs et fut remplacée en 1644 par la dynastie mandchoue des Qing (1644-1911). L'époque des Ming fut caractérisée par un remarquable essor commercial et l'art de la porcelaine polychrome connut son apogée. Le pouvoir impérial, renforcé par le triomphe du néo-confucianisme, prit un caractère despotique et autoritaire. La dynastie eut pour fondateur un bonze d'origine paysanne et connut sa phase la plus brillante sous le règne de Yongle (1403-1424) qui dota Pékin, sa capitale, de la plupart des splendides palais que l'on peut encore voir de nos jours. Après avoir subi au cours du xvie siècle les assauts dévastateurs des pirates japonais, les Ming furent détrônés par les Mandchous (prise de Pékin, 1644). Voir Ciel (Temple du), Confucius, Mandchourie.

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