MINAMOTO
Clan féodal japonais, fondé à l'époque de Heian par un prince de sang impérial. Il rivalisa âprement avec le clan des Taira, apparu à la même époque. Ce dernier réussit à prendre le pouvoir en 1160, mais, en 1180, le chef du clan adverse, Yoritomo Minamoto (* 1147, 1199), déclencha un grand soulèvement contre les Taira, qui furent complètement éliminés à la suite de la victoire navale remportée en 1185 à Dan no Ura par Yoshitsune, frère de Yoritomo. Celui-ci soumit le Japon à un gouvernement militaire. Pour consolider son autorité suprême, il poussa Yoshitsune et plusieurs autres de ses parents au suicide (1189), brisa la puissance des Fujiwara et obtint le titre de Shôgun-général à vie en 1192, qui réduisait l'empereur à une souveraineté nominale ; ce régime devait subsister jusqu'en 1867, mais le clan des Minamoto s'éteignit dès 1219.
Minamoto-no-Yoritomo (1147-1199) ; fondateur du shogounat au Japon [1192-1199].
Un des grands seigneurs de la guerre dans le Japon au XIIe siècle, M. serait le fondateur du système féodal qui a existé jusqu’en 1868 sous le nom de shogounat. « Shogoun » est l’abréviation du titre Seii-Tai-Shogoun (commandant en chef contre les Barbares) qui avait été assez tôt donné aux chefs des campagnes militaires. À l’époque de M., cette fonction, jusque-là temporaire, s’institutionnalise, ce qui ne tarde pas à en modifier la nature. Le shogoun est à présent une sorte de dictateur militaire, fonction qui se transmet héréditairement dans la famille Minamoto, dont descendent les deux dynasties suivantes des Ashikaga et des Tokugawa. Autour de cette fonction se cristallise tout un appareil administratif qui remplace bientôt l’ensemble de l’administration civile du gouvernement central, bien qu’il n’ait d’abord été conçu que pour contrôler les vassaux de M. En seigneur féodal, M. fait passer l’unité nationale au second plan ; le fait que celle-ci ait été réalisée par la nouvelle administration centrale correspond moins à une intention de sa part qu’à l’oeuvre de fonctionnaires expérimentés, satisfaits de troquer la faible administration centrale des Fujiwara contre celle que M. venait de constituer. Japonais de l’est, M. fait de Kamakura (près de l’actuel Tokyo) sa base d’opération et le siège du shogounat lorsqu’il prend cette fonction en 1192 : le lieu donne son nom à cette période de l’histoire japonaise (« ère de Kamakura »). Ayant établi leur siège à un endroit distant de près de 500 kilomètres de la capitale impériale, les Minamoto échappent à l’influence amollissante de la cour. Aussi la période Kamakura se distingue-t-elle par sa force et son originalité. Depuis le IXe siècle, époque à partir de laquelle on n’avait plus envoyé aucune ambassade officielle en Chine, le Japon avait connu un développement autonome qui atteint son apogée à l’époque des shogouns de Kamakura. Au contraire de la « réforme Taïka » des Fujiwara de 645, qui avait vainement cherché à adapter la vie japonaise au modèle chinois, l’administration et la justice se développent dans le cadre créé par le nouvel ordre féodal local. Ces nouvelles réalisations devaient survivre à leur créateur. C’est aussi la période où se forme la classe guerrière des samouraï et où se propage le bouddhisme zen, en adoptant d’autant plus de traits japonais qu’il devient la religion nationale. De ce processus dérive la cérémonie du thé, activement soutenue par l’industrie de la porcelaine, importée peu auparavant de la Chine Song. À la mort de M., la famille Minamoto perd son autorité de fait sur le Japon. En raison de l’incompétence de ses fils, le pouvoir passe à la famille de son épouse, les Hôjô, qui assurent la régence. Un double gouvernement se forme ainsi dans le Japon du xiiie siècle : tandis que l’empereur abandonne son pouvoir aux mains des courtisans, le véritable pouvoir se trouve entre celles des shogouns de Kamakura qui, de leur côté, sont contrôlés par les régents Hôjô. Ceux-ci sont des administrateurs compétents, aussi le système fonctionne-t-il très bien jusqu’à ce que, vers la fin du siècle, surgisse une crise économique. Elle est considérablement aggravée par les attaques des Mongols de Khoubilaï (1274-1281). Bien que leurs attaques soient repoussées, le coût de la guerre contribue à la détérioration de la situation financière, de sorte que les vassaux, accoutumés à de généreuses rémunérations, se rebellent ; l’empereur Go-Daigo rassemble les mécontents autour de lui pour renverser, après de multiples péripéties, le régime Hôjô et détruire Kamakura (1333). Après la brève restauration du pouvoir impérial (« ère Kemmu », 1334-1336), l’anarchie règne. De celle-ci émergeront les shogouns Ashikaga.
MINAMOTO. Clan féodal japonais fondé en 814 par un prince de sang impérial. Il joua un rôle considérable dans l'histoire du Japon, notamment aux XIe et XIIe siècles, en s'opposant militairement au clan rival des Taira. Un des leurs, le guerrier Minamoto no Yoritomo, fonda en 1192 le régime du shogunat qui devait subsister au Japon jusqu'en 1867. Voir Ashikaga, Fujiwara, Kamakura, Meiji, Tokugawa.