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MÉROVINGIENS

Dynastie de rois francs descendant de Mérovée, roi hypothétique d'une tribu de Francs Saliens (ou Francs de Tournai) vers le milieu du Ve s. Après les conquêtes de Clovis, elle régna sur la Gaule jusqu'en 751. Childéric Ier, fils de Mérovée et roi de Tournai (vers 457/81), mena son peuple jusqu'à la Somme et soutint Aegidius, maître de la milice en Gaule et lieutenant d'Aetius (v.), dans sa lutte contre les Wisigoths. Son fils, Clovis (481/511), détruisit le royaume romain de Syagrius (486) qui s'étendait de la Loire à la Somme, soumit les Alamans (496) et, par sa conversion (496 ?), s'assura l'appui de l'Église contre les autres Germains ralliés à l'hérésie arienne. Il réduisit les Burgondes au tribut (500) et, à la bataille de Vouillé (507), écrasa les Wisigoths, qui furent rejetés en Espagne. Maître de la quasi-totalité de la Gaule, il réalisa peu après sous son autorité l'union des Francs Saliens et Ripuaires. Mais à sa mort, selon la coutume germanique, son royaume, considéré comme une propriété privée et non comme un État, fut partagé entre ses quatre fils, Thierry, Clodomir, Childebert Ier et Clotaire Ier, qui devinrent respectivement rois de Reims, d'Orléans, de Paris et de Soissons. Ils continuèrent les conquêtes de leur père et annexèrent la Thuringe, la Bourgogne et la Provence à la Gaule franque. À la suite de morts naturelles et d'assassinats, Clotaire, seul survivant, rétablit pendant quelques années (558/61) l'unité du royaume franc. Mais à sa mort se produisit un nouveau partage entre ses fils, qui eut pour résultat la naissance de trois royaumes : l'Austrasie ou Francie de l'Est, la Neustrie ou Francie occidentale, avec l'Aquitaine, et la Bourgogne. Une longue guerre, nourrie par l'antagonisme des reines Brunehaut et Frédégonde, opposa l'Austrasie et la Neustrie, qui furent finalement réunies en 613 sous Clotaire II de Neustrie. Le fils de celui-ci, Dagobert Ier (629/39), fut le dernier Mérovingien qui exerça personnellement le pouvoir. Après lui, la dynastie des Mérovingiens déclina rapidement, avec une succession de princes faibles. Tandis que l'aristocratie foncière s'émancipait, ces rois dits fainéants tombèrent sous la tutelle des maires du palais, qui n'étaient, à l'origine, que leurs intendants. L'anarchie se développa. La dernière période de l'histoire mérovingienne fut marquée par la réaction énergique de certains maires du palais, tel Ebroïn, maire du palais en Neustrie, qui massacra les chefs de l'aristocratie ; telle, en Austrasie, la dynastie des Pippinides (appelés plus tard Carolingiens), qui s'assura l'hérédité du majorat. Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie vers 680, battit les Neustriens à Tertry (687) et réunit les deux royaumes. Son œuvre fut continuée par son fils, Charles Martel, et son petit-fils, Pépin le Bref ; c'est celui-ci qui, en 751, déposa le dernier Mérovingien, Childéric III, lequel fut relégué à l'abbaye de Sithiu (Saint-Bertin). C'est ainsi que commença l'âge des Carolingiens.

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