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MÉNÈS

Nom donné par les sources grecques au premier pharaon (This, vers 3100 av. J.-C.). Il faut sans doute l'identifier au roi Narmer connu notamment par la célèbre Palette qui porte son nom. Sur cet objet, figurent les premières représentations attestées d'un pharaon portant les deux couronnes symbolisant la souveraineté sur la Haute et la Basse-Égypte. Sous le règne de Ménès/Narmer, l'Égypte a, semble-t-il, entretenu d'étroites relations commerciales avec le Sud de la Palestine. Le souverain fut enterré à Abydos, la nécropole de This, ville d'origine des pharaons des deux premières dynasties.

Ménés (v. 3150-3125 av. J.-C.) ; roi d’Égypte.

La tradition égyptienne a donné le nom de M. au roi qui réussit au début du troisième millénaire avant J.-C. à unifier définitivement les royaumes de Haute- et de Basse-Égypte en un empire. Dans le papyrus royal dit de Turin (datant de l’époque de Ramsès II, XIIIe siècle av. J.-C.), M. figure sous le nom de Meni (nommé deux fois avec des déterminatifs différents) comme fondateur de la Ire dynastie, premier de la série des pharaons. Mais les monuments contemporains ne donnent pas le nom de M. avec certitude. Cela peut provenir du fait qu’y figure le plus souvent un nom sacré, le fameux nom d’Horus du roi, et non pas son nom, qui sur les listes est lié à l’attribut « souverain de Haute- et de Basse-Égypte ». En outre, les monuments de souverains de l’Égypte unifiée ont laissé penser soit à des personnages différents, soit à l’identification de M. sous d’autres noms : sur la fameuse palette à fards du roi « Narmer » (Namès ?) au Caire, le roi apparaît paré des couronnes des deux royaumes d’Égypte ; d’autre part, le nom de M. semble également lié à celui de l’Horus Aha (successeur de Narmer ou Narmer lui-même ?) sur un lambris dans la tombe de sa femme à Abydos. Quoi qu’il en soit, M. symbolise pour les Égyptiens le début de leur existence historique. Avec l’unification, le pays, très hétérogène (aussi bien sur le plan des races que sur celui de la culture - Hamites, Berbères et Sémites, chasseurs, éleveurs et paysans y sont mélangés), se transforme en un État plus homogène sur le plan culturel, à l’administration centralisée, qui, en quelques générations, inventera une écriture et un calendrier, c’est-à-dire les moyens de préserver son histoire de l’oubli. L’écriture égyptienne, combinaison du pictogramme, du phonogramme et de l’idéogramme, apparaît de plus en plus comme le résultat d’une lente évolution interne sans apport étranger (mésopotamien) important. Il en est de même pour l’essentiel des aspects de la civilisation égyptienne : si des apports extérieurs sont bien répertoriés dans l’iconographie, en revanche le langage, l’organisation en cités agricoles et les cosmologies semblent provenir d’une longue maturation interne. Et avec les deux dynasties thinites (3150-v. 2700), du nom de la ville d’origine supposée, Thinis, la civilisation égyptienne achève de prendre ses caractères définitifs.

Bibliographie : N. Grimai, Histoire de l'Egypte ancienne, 1988.




MÉNÈS (début du IIIe millénaire). Premier pharaon de l'Égypte ancienne, créateur de la ville de Memphis, qui aurait unifié la Basse et la Haute-Égypte.