MÉLÉAGRE de Gadara
MÉLÉAGRE de Gadara. Poète grec. Né en Palestine entre 140 et 120 av. J.-C., mort à Cos vers 60 av. J.-C. Gadara, « l’Athènes de la Syrie », était un centre littéraire important : elle avait été la patrie du philosophe cynique Ménippe. Méléagre fut également un cynique ainsi qu’en témoigne le titre d’une des œuvres, Comparaison entre la purée de pois et la purée de lentilles, contenue, avec un Banquet, dans un recueil intitulé Grâces. Le poète, tout ensemble, menait une vie de plaisirs et écrivait des épigrammes pour chanter les éphèbes aimés. Plus tard, il se rendit à Tyr, où il fréquenta des courtisanes telles que Hélio-dora et Zénophile. Agé, il se retira à Cos où il s’éprit encore d’autres courtisanes, Phanio en particulier, mais où, principalement, il se consacra à la philosophie et à la composition de La Couronne fleurie ou le bouquet, la première anthologie d’épigrammes dont nous ayons une connaissance certaine, dédiée au philosophe Dioclès de Magnésie. Méléagre est un poète léger et ce n’est pas sans raison qu’on l’a défini l’« Ovide grec ». Quelquefois pourtant l’amour se manifeste dans son œuvre dans un langage plus dépouillé et plus intense. C’est ainsi qu’une des épigrammes nous montre Méléagre célébrant, avec plénitude, et pureté de sentiments, son amour pour Méliodora, une courtisane; le ton chaud et passionné, tout ensemble délicat et affectueux, fait penser à Catulle. Les poésies de Méléagre furent traduites en français par Pierre Louÿs (1893).