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MEIJI

Dans l'histoire japonaise, nom donné à la période allant de 1868, date de l'abolition du shôgunat et de la restauration du pouvoir impérial, à 1912, date de la mort de l'empereur Mutsuhito (qui avait pour nom de règne Meiji). Cette période capitale vit la naissance du Japon moderne et son ouverture aux techniques administratives, militaires et économiques de l'Occident. La féodalité fut supprimée (1871) et, en 1899, le Japon reçut sa première Constitution, qui instituait une monarchie constitutionnelle héréditaire avec un empereur, dont le caractère sacré était légalement affirmé, et un parlement composé de deux Chambres. Le développement démographique (doublement de la population durant l'ère Meiji) et économique fut extrêmement rapide. La première ligne de chemin de fer fut inaugurée en 1872 ; dès 1901, le réseau dépassait 6 000 km. La flotte marchande passa de 15 000 t en 1893 à 1,5 million de tonnes en 1905. Le service militaire fut institué dès 1872, une flotte de guerre fut mise en chantier à partir de 1890, et la nouvelle puissance asiatique fit la démonstration de sa force dans la guerre contre la Chine (1894/95) et surtout en infligeant les défaites de 1904/05 à l'un des plus puissants États d'Occident, l'empire des tsars. Voir SINO-JAPONAISES (guerres) et RUSSO-JAPONAISE (guerre).

Meiji Tenno, Mutsu-Hito, dit après sa mort (Kyoto 1852 - id. 1912) ; empereur du Japon [1867-1912].

L’empereur, sous le règne duquel le Japon entre dans l’ère moderne, doit surtout sa réputation aux décisions prises en son nom, car lui-même est un homme discret. Au cours du XIXe siècle, les principaux princes de l’ouest du Japon, les Choshu et les Satsuma, décident de renverser le shogounat des Tokugawa et de restaurer le pouvoir impérial. Leur plan est accéléré par la présence des puissances occidentales dans les eaux japonaises, en particulier la flotte américaine du commodore Perry, précurseur de l’expansion industrielle et capitaliste. Lorsque les Tokugawa établissent trois cents ans plus tôt leur shogounat à Edo (Tokyo), ils interrompent les contacts avec l’étranger dans le souci de stabiliser leur autorité. Leur influence sombre quand leur incapacité à résister à la pénétration des « barbares » étrangers devient manifeste. Surtout pour les princes de l’ouest du Japon, qui sont extrêmement xénophobes, le shogounat des Tokugawa apparaît usé. Les Tokugawa finissent par renoncer au pouvoir, mais seulement après un bain de sang. En 1868, année de la « restauration Meiji », la cour est transférée de Kyoto à Tokyo ; c’est le début de l’ère Meiji, dite aussi « ère des Lumières ». Néanmoins, le pouvoir de l’empereur reste très restreint, puisqu’il passe simplement des mains des Tokugawa à celles des princes de l’Ouest. Toutefois, la nation possède à présent un centre et elle n’est plus déchirée par des rivalités féodales. Cependant, sous le règne de M. ont lieu la guerre sino-japonaise (1894-1895), la guerre russo-japonaise (1904-1905) et l’annexion de la Corée (1910). Dans la Constitution introduite par Hito, la personne de l’empereur est présentée comme le symbole de l’unité nationale, et la nouvelle déification de l’empereur a des conséquences politiques importantes pour l’avenir du Japon moderne.




MEIJI (Ère). Nom donné dans l'histoire du Japon à la période allant de 1868 à 1912, meiji signifiant « époque éclairée ». Elle correspondit à l'abolition du shogunat et à la restauration du pouvoir impérial sous le règne de Mutsuhito (1867-1912). Durant cette période, le Japon devint un État moderne s'ouvrant aux techniques économiques, militaires et administratives de l'Occident. La féodalité fut supprimée et la monarchie constitutionnelle héréditaire établie. L'industrialisation, très rapide, fit du Japon une puissance incontestée en Extrême-Orient, victorieuse de la Chine (1894-1895) puis de la Russie (1904-1905).


MEIJI TENNÔ (Kyoto, 1852-Tokyo, 1912). Nom posthume - signifiant en japonais « gouvernement éclairé » - donné au 122e empereur du Japon, Mutsuhito, qui régna de 1867 à 1912. Il mit en place une série de réformes bouleversant définitivement les structures du Japon qui devint un État moderne et une grande puissance incontestée en Extrême-Orient. Après avoir succédé à son père, Mutsuhito transféra sa capitale à Edo qu'il rebaptisa Tokyo et rétablit le pouvoir civil en abolissant le shogunat des Tokugawa, mettant ainsi fin à sept cents ans de pouvoir militaire. Il manifesta aussi sa volonté de réformes et d'occidentalisation en opérant une réforme profonde de l'État. La Constitution de 1889, tout en continuant à reconnaître l'origine divine de l'empereur et en lui conservant les pouvoirs suprêmes, établit un régime constitutionnel. Parallèlement, il permit l'introduction au Japon des idées et des techniques occidentales : adoption d'un code judiciaire et du calendrier grégorien, réorganisation de l'armée et de la marine et surtout industrialisation poussée qui permit au Japon de gagner deux guerres successives, l'une contre la Chine (1894-1895), l'autre contre la Russie (1904-1905), mais aussi d'annexer la Corée en 1910. L'empereur Meiji eut pour successeur son fils Yoshihito.

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