MAYAS
Peuple indien de l'Amérique centrale, aujourd'hui comptant environ 2 millions de personnes, dont près des trois quarts habitent le Guatemala. Leur civilisation, l'une des plus prestigieuses de l'époque précolombienne, s'étendit, à son apogée, sur un vaste territoire que recouvrent aujourd'hui le Guatemala, le Salvador, le Bélize, une partie du Honduras et, au Mexique, la presqu'île du Yucatán (c'est dans cette dernière région que se trouvent la plupart des sites archéologiques). De récentes découvertes permettent de faire remonter à 4000 av. J.-C. la culture du maïs dans les régions où devait s'épanouir la civilisation des Mayas. La civilisation maya proprement dite ne commença qu'à la fin du IIIe s. de notre ère ; la première date connue est celle de 292 portée sur une stèle de Tikal (Guatemala septentrional). La période classique, de 300 à 900 environ, appelée autrefois Ancien Empire, concerne essentiellement la zone centrale qui s'étend du Tabasco et du Chiapas au Honduras. On a dénombré plus d'une centaine de centres, dont les principaux, à l'époque classique, étaient Tikal (fondé vers 292), Uaxactun (vers 328), Copán (vers 469), Yaxchilan (vers 509), Piedras Negras (vers 509), Palenque (vers 638). Ces centres n'étaient pas des villes d'habitation, mais essentiellement des sanctuaires habités par des prêtres. Le monde maya était divisé en cités-États chacune gouvernée par un chef héréditaire et sans doute sacerdotal, le halach uinic, assisté d'un conseil. La caste sacerdotale, qui joignait à ses attributions religieuses le monopole de la culture, était toute-puissante. Les Mayas possédaient des esclaves, prisonniers de guerre ou condamnés de droit commun. L'économie, essentiellement agricole, était fondée sur la culture du maïs. Pendant presque toute l'histoire maya, l'artisanat resta au stade néolithique, et, au XVIe s., le cuivre et l'or étaient encore très rarement utilisés. Après avoir atteint son apogée vers le VIIIe s., la civilisation maya des régions centrales connut une crise dramatique. Vers 900, tous les grands centres classiques furent abandonnés : guerres incessantes, croissance de la population associée à un épuisement des sols et une production agricole en baisse, catastrophes naturelles, invasions étrangères, révoltes des paysans contre l'élite, voilà certaines des raisons avancées pour expliquer le phénomène. Mais une civilisation « postclassique » s'épanouit au N., dans la presqu'île du Yucatán. Cette période mexicaine dite autrefois Nouvel Empire fut marquée par les apports de la civilisation toltèque de Tula, au N. de Mexico. Les principaux centres - tous trois situés au N. du Yucatán - furent Chichen Itza, Uxmal et Mayapan. Vers la fin du XIIe s., après la prise de Chichen Itza par Hunac Ceel, Mayapan imposa pour plus de deux cents ans sa domination à tout le Yucatán. Cette nouvelle phase de l'histoire maya, marquée par une assez nette régression culturelle, prit fin vers 1450, à la suite d'une révolte des habitants de Chichen contre Mayapan, qui fut détruite. La société maya fut vouée dès lors à la dislocation. Les Mayas réussirent à mettre en échec dans le Yucatán (v.) la première tentative de conquête espagnole.