MASSALIA
Nom antique de Marseille. Fondée vers 600 av. J.-C. par des Grecs de Phocée, Massalia dut se défendre à la fois contre les indigènes ligures du voisinage et contre la coalition maritime étrusco-carthaginoise. Face à ce double danger, Marseille noua dès le début du IVe s. des rapports d'amitié avec les Romains, et elle fonda un domaine maritime des Alpes jusqu'à l'embouchure de l'Èbre, avec de nombreux comptoirs, de Nikaia (Nice) jusqu'à Emporion (Ampurias en Catalogne). Les marins marseillais furent les premiers du monde hellénique à ouvrir les voies commerciales vers l'Atlantique (voyages d'Euthymène jusqu'au Sénégal ou au golfe de Guinée, de Pythéas jusqu'en Grande-Bretagne et dans les mers nordiques, IVe s). Par la vallée du Rhône, le commerce de Marseille était en relation avec le monde celtique rhénan et danubien ; la diffusion des produits commerciaux, des uvres d'art et de l'écriture grecque lui ont mérité le titre d'« école des Barbares » (Strabon). Au début du IIe s. av. J.-C., lorsque les Celto-Ligures menacèrent les riches colonies massaliotes, Marseille appela les Romains à son secours. Ces derniers entreprirent (125/21) la conquête de toute la région côtière méditerranéenne et fondèrent la Province (Provincia) romaine de Gaule, mais Marseille resta une république libre, alliée de Rome. Durant la guerre civile, elle commit l'erreur de se prononcer pour Pompée : César vint l'assiéger et la ville, réduite par la famine, capitula après six mois de blocus. Vaincue par César, Marseille perdit sa flotte, ses remparts et son empire maritime. Son nom grec de Massalia fut changé en celui, latin, de Massilia. Elle ne joua plus de rôle politique, mais conserva un statut privilégié. Grâce à la reconstruction de son port, elle retrouva sa prospérité et, pendant trois siècles encore, elle devait rester, avec ses écoles florissantes, le centre de la culture grecque en Gaule.