MARUT
MARUT, dieux brahmaniques de l’Orage et du Vent. masque. C’est un autre visage fabriqué en différentes matières, placé dans certaines circonstances devant la face humaine pour lui donner une autre personnalité (personna dans le théâtre greco-latin, maya en Inde). Il semble avoir toujours eu une origine religieuse : magie éternelle du double chez les pharaons divinisés, le Kâ, portrait surnaturel en bois peint ou en or comme chez les Incas, reflétant le grand dieu de lumière : le soleil, masque funéraire du culte des ancêtres, masque de la tragédie grecque et des fêtes de Dionysos, partout et depuis l’Antiquité on le trouve en rapport avec ce qu’on peut appeler l’autre chose, l’au-delà, les esprits ou les dieux. Son pouvoir de métamorphose s’explique chez les Primitifs par la participation aux forces occultes du monde, au mystère du sacré. Il est généralement lié aux rites d’initiation accompagnés de musique et de danses dans les fêtes collectives. Certains masques d’une stylisation hiératique hallucinante sont portés par des prêtres allant accomplir un sacrifice. C’est surtout en Afrique que le masque est un instrument de magie, support de forces mystérieuses dans des rites propitiatoires aux divinités de la Fécondité et de la Fertilité. Il doit toujours être sacralisé avant son usage par des incantations et des rites sacrificiels. Tantôt lié au culte d’esprits à base de chamanisme se retrouvant dans des rites de chasse ou des pratiques de guérison magique, tantôt associé aux cérémonies agraires faisant appel aux divinités de la Végétation (mais dégénérant en mascarade dans notre civilisation dite évoluée), tantôt évoquant des temps mythiques, le masque représente les ancêtres, les totems ou les grands dieux, c’est pourquoi le christianisme eut à son égard une certaine méfiance. Il voyait en lui quelque chose de démoniaque et un vestige de paganisme. Dans certains pays d’Asie, il garde encore un sens sacré, soit dans les représentations du Ramayana ou des légendes mythiques, soit dans les danses inspirées de textes liturgiques, soit dans celles de la lutte du bien et du mal chez les Tibétains et à Bali (Barong et Rangda). Le Japon est passé maître dans l’art du masque qui a gardé son symbolisme religieux dans le théâtre (nô) et dans les fêtes populaires du culte shinto.