Marsile de Padoue (1290-1343) ; théologien et théoricien politique.
Marsile de Padoue (1290-1343) ; théologien et théoricien politique. Fils d'un notaire de l'université de Padoue, M. commence ses études dans sa ville natale et les poursuit à Paris, où il devient maître ès arts en 1312 et recteur de l'université au semestre d'hiver 1312-1313. Employé au cours des années suivantes à des missions diplomatiques, il retourne à Paris vers 1320, où il s'occupe de philosophie de la nature et de médecine, entretenant des rapports étroits avec Jean de Jandun de Pérouse, qui, contrairement à ce qu'on croyait autrefois, n'est pas associé à l'uvre littéraire de M. En juin 1324, M. achève son traité Defensor pacis (« Le Défenseur de la paix »). Deux ans plus tard, alors qu'on l'a reconnu pour l'auteur de ce texte, M. est chassé de Paris ; excommunié, il se réfugie avec Jean de Jandun à la cour du roi allemand Louis le Bavarois à Nuremberg. M. y dédie ses écrits au souverain, auquel les deux savants italiens servent désormais de conseillers et qu'ils assistent dans son conflit avec la Curie pontificale. En 1327, ils sont tous deux condamnés comme hérétiques et le Defensor pacis est condamné. L'année suivante, en sa qualité de secrétaire du roi, M. assiste à Rome au couronnement impérial de Louis le Bavarois et à l'installation de l'antipape Nicolas [V]. Par la suite, il exerce la médecine à Munich et rédige encore d'autres écrits politico-religieux, notamment un traité pour jus- tifier le mariage de Louis l'Aîné avec Marguerite Maultasch, comtesse de Tyrol. Il meurt au printemps 1343. L'uvre principale de M. demeure à nos yeux, comme à ceux des contemporains, le Defensor pacis. Au plan théologico-poli-tique, elle est fondée sur la lecture d'Aristote, mais aussi sur la pratique des communes italiennes. Affirmation forte d'une société laïque totalement dégagée au temporel de l'emprise cléricale, l'uvre est l'expression la plus achevée et la plus réussie du gibelinisme du xive siècle. Mais elle peut susciter bien des contresens : loin d'être une apologie de la démocratie au sens étymologique, elle va à l'encontre même d'Aristote dans sa glorification du prince, lui aussi désacralisé et investi d'un pouvoir temporel, et des lois civiles qui trouvent leur propre justification en elles-mêmes plus que dans le droit naturel.
Liens utiles
- Niebuhr, ReinholdNiebuhr, Reinhold (1892-1971), théologien protestant américain, dont les doctrines sociales marquèrent profondément la pensée théologique et politique américaine.
- Vicomte Louis de Bonald1754-1840L'heure entière de ce théoricien catholique et monarchiste est une vigoureuse réaction contrela politique des " philosophes " et des idéologues.
- VITRY, Philippe de (1290-1361)Compositeur, évêque de Meaux, il est le théoricien du mouvement polyphonique dit de l'Ars nova.
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