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MARONITES

Communauté de catholiques de rite syrien habitant le Liban et possédant aussi d'importantes colonies en Égypte, à Chypre et en Amérique. Selon leurs propres traditions, l'origine des maronites se rattache à un ascète syrien, ami de st Jean Chrysostome, st Maron († vers 410/25). À la suite de la conquête de la Syrie par les Arabes (VIIe s.), les maronites se réfugièrent sur les hauteurs du mont Liban. Au cours du Moyen Âge, les monastères devinrent des sièges épiscopaux et la primauté de l'évêque d'Antioche fut reconnue. Il s'est constitué une noblesse héréditaire au sein d'une société mi-féodale, mi-patriarcale. La secte des Druzes attira à elle beaucoup d'anciens maronites et les deux communautés se sont développées l'une à côté de l'autre, dans une complexe imbrication géographique. Persécutés par les Arabes, les maronites ont accueilli favorablement les croisés et, à partir du XIIe s., ils commencèrent à se rapprocher de Rome. L'union avec le pape se consolida peu à peu et fut définitivement scellée par la fondation, due à Grégoire XIII, du Collège maronite de Rome, en 1584. C'est là que vinrent se former théologiquement les sujets d'élite de la communauté maronite, entre autres les frères Assemani, au XVIIIe s. Menacés par les Ottomans, les maronites se sont placés, au XVIIe s., sous la protection du roi de France. Leurs rapports avec les Druzes sont restés longtemps relativement pacifiques ; ce ne fut pas la religion, mais des oppositions d'intérêts qui provoquèrent l'explosion sanglante de 1860, au cours de laquelle de nombreux maronites furent massacrés par les Druzes. Sur l'intervention de la France, le gouvernement ottoman publia le règlement organique de 1864, qui établissait une sorte de condominium druze et maronite sur le mont Liban. Voir LIBAN. Le Liban sous mandat français. Le Liban contemporain (depuis 1948).

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