Marillac, Michel de (Paris 1563-Châteaudun 1632) ; homme politique français et catholique qui s'opposa à Richelieu.
M. appartient à une famille originaire d'Auvergne qui a grandi dans le monde des offices. Son grand-père, Guillaume de Marillac, a été secrétaire et contrôleur général des Finances du duché de Bourbon. Son oncle Charles de Marillac (1510-1560), archevêque de Vienne, a, comme conseiller d'Etat, rempli d'importantes missions au service de la monarchie. M. est d'abord conseiller au Parlement, puis maître des requêtes, enfin, conseiller d'Etat. En août 1624, quand Richelieu devient chef du Conseil du roi, il confie à M., que protège Marie de Médicis, la surintendance des Finances. Après la disgrâce du chancelier d'Aligre (1626), M. devient garde des Sceaux. Il met au point, dans la grande ordonnance du 15 janvier 1629 - dite le Code Michau - un vaste plan de réformes destinées à supprimer la vénalité des offices et à limiter les pouvoirs politiques des Parlements. Mais entre Richelieu et lui la lutte devient ouverte après la prise de La Rochelle et l'édit de grâce d'Alès (juin 1629) ; Richelieu, décidé à mener la guerre contre les Habsbourg, ne craint ni de ménager les protestants ni d'accroître les charges fiscales dont pâtit le peuple. Ami du cardinal de Bérulle, protecteur des carmélites, traducteur de psaumes, M. est un catholique fervent engagé corps et âme dans la reconquête catholique de la France. Après la mort de Bérulle (2 oct. 1629), il fait figure de chef du « parti dévot », opposé à ceux qui, soutenant le programme de Richelieu, se baptisent eux-mêmes les « bons Français ». Il veut la paix, non seulement parce qu'une guerre avec les Habsbourg lui apparaît comme une guerre civile à l'intérieur du monde catholique, mais parce qu'il est
sensible à l'extrême misère des masses que secouent périodiquement des révoltes contre l'impôt. Il veut que le gouvernement consacre tous ses efforts à soulager la misère et à réduire le schisme protestant. La prise de Pignerol (23 mars 1630) oblige Louis XIII à choisir entre Richelieu et M., c'est-à-dire entre deux programmes inconciliables. Richelieu l'emporte d'abord et mène la guerre contre le duc de Savoie. Mais en septembre, Louis XIII tombe gravement malade à Lyon, et Marie de Médicis réussit, semble-t-il, à le convaincre qu'il faut maintenir la paix. La journée des Dupes (11 nov. 1630) se termine par la victoire de Richelieu. Disgracié, accusé de défaitisme, M. est emprisonné à Caen, puis à Châteaudun, où il meurt le 7 août 1632. Son frère, le maréchal Louis de Marillac, arrêté en novembre 1630, est condamné à mort et exécuté en 1632.