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Marat, Jean-Paul (Boudry 1743-Paris 1793) ; révolutionnaire français.

Marat, Jean-Paul (Boudry 1743-Paris 1793) ; révolutionnaire français. Né près de Neuchâtel, il est d'abord un enfant prodige, maîtrisant plusieurs langues, lisant et écrivant sans relâche. Après des études de médecine à Bordeaux et à Paris, il fait un séjour prolongé (1767-1777) en Angleterre et en Écosse, publiant en même temps plusieurs ouvrages, d'inspiration matérialiste et révolutionnaire (Les Chaînes de l'esclavage, 1774). Grâce à sa réputation médicale, il est nommé médecin des gardes du comte d'Artois. Entré dans la franc-maçonnerie, il fait paraître des mémoires scientifiques qui ne lui valent pourtant pas d'être admis à l'Académie des sciences. La Révolution lui permet de donner libre cours à son ambition et à sa passion de l'égalité. Le 12 septembre 1789 paraît le premier numéro de L'Ami du peuple, journal qui devait exercer une énorme influence sur les masses parisiennes, dont M. resta l'idole jusqu'à sa mort. Si au début de l'année 1789, il s'est prononcé en faveur de réformes dans le cadre de la monarchie constitutionnelle, il combat ensuite Necker et La Fayette, avant de s'en prendre directement à la monarchie et à la grande bourgeoisie. N'hésitant pas à prôner le meurtre politique de masse ainsi qu'une révolution radicale venue d'en bas, il voit partout la contre-révolution monarchiste, ce qui lui vaut d'être à plusieurs reprises poursuivi et incarcéré, en sorte qu'il doit plusieurs fois s'exiler, tandis que son journal est suspendu. Après avoir préparé la journée du 10 août 1792, il contribue au déclenchement des massacres de Septembre. Député de Paris à la Convention et membre du club des Jacobins, il plaide pour la condamnation à mort du roi, et fait décréter la formation du Tribunal révolutionnaire ainsi que la création du Comité de sûreté générale chargé de l'arrestation des suspects. Attaqué violemment par les Girondins, mais absous par le Tribunal révolutionnaire, il organise l'insurrection du 2 juin 1793 qui provoque la chute des Girondins. Détesté par ses nombreux adversaires, au nombre desquels figurent même des Jacobins, M. est assassiné dans sa baignoire le 13 juillet 1793 par Charlotte Corday, une jeune fille pieuse originaire de Normandie, alors qu'il corrige les derniers numéros de son journal. Devenu martyr de la Révolution, il a droit à des funérailles magnifiques, et son corps est déposé au Panthéon jusqu'à la réaction thermidorienne. David commémora sa mort dans un très célèbre tableau. Bibliographie : O. Coquart, Marat, 1992.

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