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Mansour, Abou Dja'far al ; calife abbasside [754-775].

Mansour, Abou Dja'far al ; calife abbasside [754-775]. Après qu'Aboul Abbas [750-754] a vaincu et anéanti les Omeyyades à la bataille du Grand Zab au nord de l'Irak, il laisse après un court règne le trône, alors consolidé, à son frère Abou Dja'far ; celui-ci, comme tous les califes, se choisit un nom en prenant le pouvoir : al-Mansour, « le Victorieux », nom repris par un calife fatimide du Xe siècle. M. sait donner à son règne et au royaume une forme adaptée aux nouvelles circonstances. La victoire des Abbassides enlève aux Arabes le monopole du pouvoir et assure aux populations nouvellement converties, et surtout aux Iraniens arabisés, une forte influence sur la culture et la politique : nouveau chef de l'administration centrale, le wasir ou vizir est d'abord choisi parmi eux. Le calife est un souverain qui perpétue les traditions des rois perses dans la vie de la cour et son cérémonial ; mais il s'attache aussi à donner une dimension pleinement religieuse à son pouvoir (Aboul Abbas aurait été désigné par le Prophète), renforcée par le sunnisme. Sa nouvelle résidence de Bagdad (fondée en 762), reliée à toutes les parties de l'Empire par un réseau de routes et un actif service postal, devient le centre de tous les mouvements intellectuels, politiques et économiques. Cela ne va pas sans résistances, en particulier des shiites (révolte de 762), que M. réprime énergiquement. Son fils et successeur Mahdi [775-785], dont les attaques victorieuses en Asie Mineure contraignent Byzance à payer tribut, réussit à élargir le pouvoir sur ces bases et à lui donner tout son éclat. Les Perses, dont l'héritage manichéen, présent dans les classes cultivées, constitue un danger pour l'islam, sont persécutés comme hérétiques. Mais ils sont en même temps de remarquables vecteurs de la civilisation ; par leur intermédiaire, une poésie et une science arabes se développent jusqu'à leur épanouissement classique.

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