mandéens
mandéens, fidèles du mandéisme, religion de type gnostique d’après l’étymologie araméenne, jadis importante dans le Proche-Orient, actuellement très réduite en Irak et en Iran. De nombreux livres sacrés expriment leurs croyances, dont trois recueils fondamentaux : le Ginza (trésor) et le Qolastrâ (quintessence) contiennent les mythes, la cosmogonie compliquée, les hymnes, le rituel et la liturgie ; le Livre de Jean, plus récent, de caractère plus populaire et disparate, relate la vie de saint Jean-Baptiste. Dans une symbolique essentiellement dualiste, les entités du Mal s’opposent à celles du Bien, personnifié en «Mandé d’Haiyé», l’Envoyé céleste, l’émanation de la splendeur, le sommet de la mythologie. C’est vers ces êtres de lumière que doit se diriger l’âme du fidèle, elle pourra trouver le salut par la pratique des sacrements dont le baptême est le plus important : celui-ci est donné par immersion dans une eau courante, avec un cérémonial compliqué. Destiné à assurer l’ascension de l’âme, ce baptême est une purification qui peut être réitérée et administrée aux mourants et même aux morts. Le culte est pratiqué dans des communautés très fraternelles, n’admettant pas d’étranger, unies par des fêtes de caractère familial, se contentant d’une vie simple bien organisée autour d’un clergé hiérarchisé et de temples très rudimentaires. Les notions de pur et d’impur sont le plus grand souci des mandéens : c’est pourquoi, en principe, tous leurs vêtements doivent être blancs (le blanc étant un symbole de pureté et de lumière).
Le mandéisme apparaît comme un syncrétisme de religions mésopotamiennes et iraniennes, d’éléments juifs et chrétiens. Il s’est confondu avec certaines sectes gnostiques. Certains voyageurs européens, en particulier le Père Ignace de Jésus, donnèrent aux mandéens le nom de «Chrétiens de saint Jean» à cause de la place que saint Jean-Baptiste semblait tenir dans leur doctrine.