Machault d'Arnouville, Jean-Baptiste (Paris 1701 -id. 1794); homme politique français, contrôleur général des Finances [17-45-1754].
La famille Machault avait fourni, depuis le XVIe siècle, de nombreux serviteurs à la monarchie. Le père de M. avait été lieutenant de police. La carrière de M. est d'abord rapide, sans être exceptionnelle. Maître des requêtes en 1728, il est nommé intendant du Hainaut en 1743. Sa gestion le fait remarquer, mais, sans l'appui de la marquise de Pompadour, peut-être n'aurait-il pas obtenu de succéder à Orry comme contrôleur général des Finances en décembre 1745. Sa nomination apparaît comme une victoire de la favorite royale, protectrice des réformateurs éclairés, sur les « dévots » de la cour. M. n'a rien pourtant d'un théoricien ni d'un courtisan apte à conquérir les coeurs. Froid et tranchant, peu doué pour les concessions, c'est un empiriste soucieux de défendre l'Etat monarchique contre ses propres faiblesses. Son grand projet, après la paix de 1748, est d'équilibrer le budget en imposant la richesse réelle. L'édit de mai 1749 crée une taxe sur le revenu, le vingtième, qui devait, en principe, atteindre toutes les sources de profit - industrie, commerce, offices, terre - quelle que soit la qualité du bénéficiaire. En fait les propriétaires fonciers, nobles et ecclésiastiques, étaient surtout menacés. La réaction est immédiate, prolongée et multiforme. Si le Parlement de Paris doit s'incliner, les États provinciaux du Languedoc et de Bretagne - qui se réclament de leur droit traditionnel de lever et de répartir les impôts - opposent une résistance vigoureuse et, en fait, victorieuse. L'assemblée du clergé, soutenue par la famille royale, se fait d'autant plus menaçante que M. a publié un édit restreignant les biens de mainmorte. Tout dépend de l'arbitrage monarchique. Louis XV semble d'abord soutenir son ministre, à qui il accorde, en plus de son poste aux Finances, la garde des Sceaux (déc. 1750). Mais un an plus tard, il capitule devant les exigences du clergé, et, en 1754, M., qui reste garde des Sceaux, doit échanger les Finances contre la Marine. Après l'attentat de Damiens (janv. 1757), il est assez imprudent pour conseiller à Mme de Pompadour de se retirer. Cette démarche intempestive lui vaut la disgrâce et l'exil dans sa terre d'Arnouville (févr. 1757). À la mort de Louis XV (1774), il est question, dans l'entourage du jeune Louis XVI, de rappeler M. aux affaires : au dernier moment une intrigue de cour substitue à son nom celui de Maurepas. Emprisonné pendant la Terreur, il meurt à Paris dans la prison des Madelonettes en 1794. Il avait quatre-vingt-treize ans.
Bibliographie : M. Marion, Machault d'Arnouville, 1891 ; H. Méthivier, L'Ancien Régime en France, XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, 1981, p. 436-437.
MACHAULT D'ARNOUVILLE, Jean-Baptiste de (Paris, 1701-id., 1794). Homme politique français. Contrôleur général des Finances (1745-1751) sous le règne de Louis XV, il tenta d'imposer l'égalité devant l'impôt en créant le vingtième, mais se heurta à l'hostilité des privilégiés, le Parlement de Paris et surtout l'Assemblée du clergé. Le roi ayant cédé, Machault fut écarté des finances. Disgracié après avoir perdu la faveur de Mme de Pompadour (1757), il se retira près de Paris. Arrêté en 1794, il mourut en prison.
Liens utiles
- Louvet de Couvray Jean-Baptiste, 1760-1797, né à Paris, homme politique etécrivain français.
- MACHAULT d'ARNOUVILLE, Jean-Baptiste de (1701-1794)
- Tixier-Vignancour Jean-Louis, 1907-1989, né à Paris, avocat et hommepolitique français.
- CALONNE, Charles Alexandre de (1734-1802)Homme politique, contrôleur général des Finances, son plan de réformes, introduisant une certaine égalité devant l'impôt, rencontre l'opposition des privilégiés et lui vaut la disgrâce.
- L'AVERDY, Clément Charles François de (1723-1793)Homme d'Etat, conseiller du parlement de Paris puis contrôleur général des Finances, il établit la liberté du commerce des grains en province et avec l'étranger.