LUNDKVIST Artur
LUNDKVIST Artur. Poète et critique suédois. Né le 3 mars 1906 à Oderljunga. Issu d’une famille de petits paysans, il se rend à l’âge de vingt ans à Stockholm pour devenir écrivain. Deux ans plus tard, paraît son premier recueil, Incandescence (1928), influencé par Whitman et Diktonius. L’année suivante, il réunit autour de lui quatre autres écrivains — dont Harry Martinson — dans l’anthologie « Cinq jeunes », tout en publiant lui-même La Vie nue [1929]. « Culte de la vie », mais aussi du monde moderne de la machine, « primitivisme », « mystique sexuelle » inspirée de D.H. Lawrence — en particulier dans Homme blanc [1932] — voilà quelques-uns des termes utilisés pour essayer de peindre cet écrivain insaisissable, toujours à l’affût de courants nouveaux. Le surréalisme l’attire et marque à jamais son langage poétique, mais dans les visions plus sombres des Poèmes entre bête et dieu [1944], on perçoit l’écho du « Waste land » de T.S. Eliot. En 1960, il assiste au tremblement de terre d’Agadir, qu’il décrit dans un grand poème, Agadir (1961). Sa poésie se double d’une suite d’ouvrages en prose : nouvelles, récits de voyage mais surtout poèmes en prose, forme bien faite pour accueillir le flot d’images, d’observations, de symboles qui sans cesse le parcourt. Lundkvist a également publié quelques romans, dont les derniers empruntent leur sujet à l’histoire. Mais il fut aussi critique et traducteur et dans l’une et l’autre de ces disciplines, il a « introduit » en Suède presque tout ce qui était « nouveau », à condition d’y trouver cette « vitalité » à laquelle il continue de rester attaché : les surréalistes français aussi bien que Saint-John Perse, Neruda et Lorca, la littérature moderne américaine, la poésie africaine, les écrivains sud-américains. Cette activité a presque éclipsé, aux yeux du public, son œuvre personnelle. Prix Lénine de la paix en 1958, il a fait de son prix une fondation pour la traduction à l’étranger de la littérature suédoise. Membre de l'Académie suédoise à partir de 1968, il a pu mettre à sa disposition ses vastes connaissances en matière de littérature moderne de tous les pays.