LOUIS XIII LE JUSTE
LOUIS XIII LE JUSTE
Fils d’Henri IV et de Marie de Médicis, né à Fontainebleau en 1601, mort à Saint-Germain-en-Laye en 1643. Il épousa Anne d’Autriche, infante d’Espagne, en 1615. Sa mère assura la régence et gouverna sous l’influence de Concini. Celui-ci, assassiné en 1617 à l’instigation du roi, fut remplacé par le duc de Luynes. Louis eut alors à réprimer une révolte des Grands, alliés à la reine mère. Il en triompha aux Ponts-de-Cé (1620). À la suite du rétablissement du catholicisme en Béarn, il eut aussi à faire face à une nouvelle guerre de Religion, marquée par l’échec du siège de Montauban (1621). Après la mort de Luynes et l’accession de Richelieu au poste de Premier ministre, le règne de Louis XIII se confondit avec l’action du cardinal dont l’ascendant ne cessa de grandir: siège de La Rochelle (1628) ; lutte contre Gaston d’Orléans, qui complotait pour s’emparer du trône de son frère, de santé fragile et toujours sans enfant ; journée des Dupes (1630), où Richelieu déjoua un nouveau complot visant sa propre personne. En 1635, Louis XIII engagea la France dans la guerre de Trente Ans. En 1638, au bout de vingt-trois ans de mariage, naquit le futur Louis XIV. Un second fils, Philippe, vit le jour deux ans après. À la mort de Richelieu et sur ses conseils, le roi prit pour remplaçant le cardinal Mazarin (1642). Il mourut lui-même l’année suivante.
Dates de règne : 1610-1643.
Épouse : Anne d’Autriche (1601-1666).
Le jeune Louis XIII monte sur le trône à l'âge de dix ans. Il assiste à la prise de pouvoir par sa mère qui brise le conseil de régence institué par Henri IV. Pour gouverner, Marie de Médicis s'appuie sur Concino Concini et son épouse, l'ambitieuse Leonora Galigaï. Malgré les récriminations des Grands du royaume, ces deux conseillers peu scrupuleux exercent une influence considérable sur la reine qui les couvre d’honneurs et de richesses. Le ressentiment de la population croît au point de menacer l’équilibre de l'État. C'est en 1617 que Louis XIII s'empare du pouvoir effectif en faisant assassiner l'Italien dans la cour du Louvre. Marie de Médicis est à Blois et elle fuit le royaume en 1619. Louis XIII n'exerce cependant pas le pouvoir de manière solitaire. Dans un premier temps, il le confie à son favori le duc de Luynes. Ensuite, il fait preuve de beaucoup plus de discernement en déléguant les rênes de la monarchie à Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu. Devenu Premier ministre, il fait plier tous ceux qui contestent l'autorité royale incarnée par le monarque mais exercée par lui-même. Il s'en prend aux protestants en faisant démanteler les places fortes qui se trouvent au sein même des frontières du royaume de France. Le siège de La Rochelle restera comme le plus meurtrier (plus de quinze mille morts) mais prouvera à tous l'inflexibilité du cardinal. Par ailleurs, le Premier ministre favorise la centralisation et appuie la constitution d'un véritable empire colonial. C'est sous le règne de Louis XIII que naît l’« autre France », celle d’Afrique, des Antilles et du Canada. Quelques grands noms, comme Cinq-Mars, paient de leur vie leur opposition au cardinal. Richelieu voit son autorité sérieusement contestée lors de la journée des Dupes (le 10 novembre 1630) : les Grands du royaume, soutenus par la reine mère, exigent sa chute. Cependant, la conspiration échoue et le prestige du cardinal en sort renforcé. Homme prévoyant, Richelieu a préparé sa succession et il prend soin de recommander au roi la personne de Mazarin pour mener les affaires. Le cardinal italien, remarquablement doué pour le commerce, marche sur les traces de son successeur avec la confiance de Louis XIII. Un des mystères du règne demeure la longue stérilité de la reine Anne d’Autriche (fille de Philippe III d’Espagne, qui avait épousé Louis en 1615 alors qu’elle n’avait que quatorze ans). La reine ne réussit à lui donner un premier enfant qu’en 1638. Un deuxième fils naîtra deux ans plus tard. Le cardinal de Richelieu meurt en 1642, suivi quelques mois plus tard par Louis XIII qui venait de restreindre les pouvoirs de la future régente, Anne d’Autriche, le défunt roi s’étant toujours défié de son épouse.
Louis XIII (Fontainebleau 1601-Saint-Ger-main-en-Laye 1643) ; roi de France [1610-1643].A son propos, l’image romantique d’un roi fantoche, dominé par son ministre-cardinal, ne convient plus. En fait ce roi solitaire et timide eut une parfaite conscience de son rôle et de sa mission. S’il soutint la politique de Richelieu, c’est qu’elle correspondait à ses desseins les plus profonds. Sans son appui actif ce dernier n’aurait pas pu gouverner. De même, sans son ministre, Louis le Juste aurait eu de la peine à maintenir l’État. La monarchie à leur époque est en quelque sorte bicéphale. Fils d’Henri IV et de Marie de Médicis, L. est élevé par un gouverneur, M. de Souvré, une gouvernante, Mme de Montglat, et le médecin Jean Héroard, qui a laissé un journal sur l’éducation du prince particulièrement précieux. Peu attaché à l’histoire, à la géographie et aux mathématiques, en revanche il aime avec passion la musique mais encore plus la vénerie et la fauconnerie. En fait son instruction est peu soignée. Dans bien des cas il écrit phonétiquement. Dans ses lettres (il fut un grand épistolier), il s’exprime comme il parle. Cette formation insuffisante ne l’empêche pas de donner à la Gazette de Théophraste Renaudot des articles anonymes sur ses campagnes. Déclaré roi le 14 mai 1610 et majeur en 1614, il est sacré à Reims le 12 octobre de la même année. Sa jeunesse ouvre une période de régence, que sa mère Marie de Médicis assume par arrêt du Parlement du 15 mai 1610. Elle chasse le personnel d’Henri IV (en particulier Sully), se tourne vers l’Espagne (L. est marié avec Anne d’Autriche le 28 nov. 1615) et donne le pouvoir à son favori Concini. L. supporte mal d’être mis à l’écart. En 1617 il fait exécuter Concini, aidé de son compagnon de jeu Albert de Luynes. Celui-ci s’installe ensuite au pouvoir et le quitte à sa mort seulement en 1621. Le chancelier Brûlait de Sillery puis le surintendant des Finances La Vieuville le relaient jusqu’au moment où Richelieu entre au Conseil en avril 1624 et devient principal ministre. La politique de L. s’incarne désormais dans celle de son ministre. Le roi est fragile : il est de santé maladive, atteint d’entérite chronique et de séquelles tuberculeuses. Sa psychologie est complexe, morbide parfois, toujours pudibonde ; il est misogyne, réprime une homosexualité latente, qui le jette vers des amitiés chastes et passionnées pour Luynes, Barradas, Toiras ou le bellâtre Cinq-Mars, mais aussi vers des amours platoniques pour Louise de La Fayette et l’intrigante Marie de Hautefort. Roi-soldat, il aime la vie rude et simple des bivouacs. Dans le même temps, comme son père, il est autoritaire et a une haute idée de ses responsabilités. Quand il le faut, il sait frapper : Chalais (en 1626), le maréchal de Marillac et le duc de Montmorency (en 1632), Cinq-Mars et De Thou (en 1642), sont exécutés. Roi très chrétien, il a une foi profonde et horreur du péché ; il voue la France à la Vierge pour obtenir la paix (1638). Aucune décision de Richelieu ne fut prise sans son consentement. Il soutient la guerre contre les protestants de l’intérieur, la réduction des grands, quand ils complotent, l’aide aux ennemis des Habsbourg pendant la guerre de Trente Ans, la reprise des hostilités avec l’Espagne en 1635 et la poursuite de la politique coloniale. Entre le parti pro-espagnol de la paix, représenté par sa mère, son épouse, son frère et les Dévots, et celui de l’affirmation de la grandeur de l’Etat, il choisit ce dernier. Et Richelieu, qui l’incarne, et qu’il n’abandonne jamais, même au plus fort des tempêtes comme lors de la journée des Dupes du 11 novembre 1630. Il résiste aussi au harcèlement de certains de ses confesseurs : le père Caussin est disgracié en 1637. Tous ces complots et toutes ces agitations prennent leur source dans le fait qu’il faut attendre 1638 pour qu’un héritier lui soit donné : la naissance de Louis Dieudonné (le futur Roi-Soleil) est suivie en 1640 par celle de son frère Philippe, duc d’Orléans. En décembre 1642, il se retrouve seul : le cardinal est emporté par la mort. L., usé de maladie, à peine âgé de quarante-deux ans, le suit de peu le 14 mai 1643, sans avoir rien changé à la politique suivie par le cardinal, peu de temps avant le triomphe de Condé et des armes françaises à Rocroi le 19 mai. Dernier souverain à être pleuré par son peuple, sa mort ouvre une difficile période de régence et la crise de la Fronde. Bibliographie : P. Chevallier, Louis XIII, 1979 ; H. Méthivier, L'Ancien Régime en France, XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, 1981, p. 229-256.
LOUIS XIII (Fontainebleau, 1601-Saint-Germain-en-Laye, 1643). Roi de France (1610-1643). Timide et secret, Louis XIII fut l'une des figures les plus énigmatiques de la royauté française, l'historiographie l'ayant souvent présenté comme un roi fantoche, le pouvoir réel appartenant à son ministre Richelieu. Louis XIII, roi sans génie, sut néanmoins utiliser avec une grande clairvoyance celui de son ministre, qui ne prit aucune décision sans son accord. Fils aîné d'Henri IV et de Marie de Médicis, Louis XIII n'avait que 9 ans à la mort de son père, sa mère assurant la régence avec son favori Concini. Majeur en 1614 et toujours tenu à l'écart du pouvoir, il décida l'assassinat de Concini (1617) sur les conseils de Luynes, son propre favori, qu'il laissa gouverner et poursuivre la politique catholique de la régente. Ce fut seulement à partir de 1624, avec l'entrée de Richelieu au gouvernement, que Louis XIII élabora avec son ministre une nouvelle politique. À l'intérieur, l'autorité royale fut restaurée par la création des intendants et la lutte contre les féodaux et les protestants (édit d'Alès, 1629). À l'extérieur, Louis XIII, contre l'avis du parti dévot favorable à une alliance avec l'Espagne, choisit d'imposer la puissance de la France en Europe en luttant contre les Habsbourg d'Espagne et s'engagea dans la guerre de Trente Ans. L'alourdissement des charges fiscales nécessaires au financement de la guerre provoqua d'importantes jacqueries, durement réprimées. Voir Dupes (Journée des), Mazarin (Jules).
Liens utiles
- Louis XIV le Grand Le 14 mai 1643, lorsque meurt Louis XIII à Saint-Germain-en-Laye, LouisXIV a cinq ans.
- Philippe Monsieur, duc d'Orléans1640-1701Fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche,
- George Villiers Ier, duc de Buckingham1592-1628Le beau Buckingham, l'homme aux ferrets de la reine popularisé par Les Trois Mousquetaires :Rubens l'a peint et, de fait, il paraît vraiment incarner la beauté masculine Louis XIII.
- LOUIS XIV le Grand(5 septembre 1638- 1er septembre 1715)Roi de France (1643-1er septembre 1715)Le 14 mai 1643, lorsque meurt Louis XIII à Saint-Germain-en Laye,Louis XIV a cinq ans.
- ANNE D'AUTRICHE(22 septembre 1601-20 janvier 1666)Reine de France, régenteFille du roi d'Espagne Philippe III, c'est en 1615 que Marie de Médicisla marie à son fils, Louis XIII.