LIVONIE, en letton Vidzeme, en allem. Livland
Région historique de l'Europe septentrionale, en bordure de la mer Baltique, qui s'étendait sur les territoires de la Lettonie et de l'Estonie actuelles. D'abord habitée par le peuple finnois des Lives, la Livonie fut soumise à l'influence slave (fondation de Dorpat par Iaroslav Ier en 1030). Elle resta ignorée de l'Europe occidentale jusqu'en 1158, année où des marchands de Lübeck établirent des comptoirs à l'embouchure de la Dvina. La christianisation des Lives fut inaugurée par le chamoine augustin Meinhard, qui fonda en 1186, au N. de Riga, l'église d'Uxhüll, et fut consacré évêque des Lives par l'archevêque de Brême. En 1201, l'évêque Albert Ier de Buxhövden transféra son siège à Riga ; avec des chevaliers allemands, il fonda l'ordre des frères Porte-Glaive (Schwertbrüder) en 1202, qui fusionna en 1237 avec les chevaliers Teutoniques pour former l'ordre de Livonie. Ces religieux guerriers allemands réduisirent les Lives en servitude et étendirent leur domination sur la Courlande (1230/31) et l'Estonie. Les attaques des Russes et surtout les dissensions introduites dans l'ordre par la Réforme entraînèrent, à partir de 1561, le démembrement de l'État livonien. L'île d'Osel fut vendue au Danemark ; l'Estonie passa sous la domination suédoise ; le dernier grand maître de l'ordre livonien, Gotthard Ketteler, garda la Courlande et la Zemgale, cependant que la Livonie passait à la Pologne. Conquise par Gustave-Adolphe, elle fut cédée à la Suède par le traité d'Altmark (1629). Pierre le Grand se la fit céder en même temps que l'Estonie par le traité de Nystad (1721) ; l'ensemble de l'ancien territoire historique de la Livonie fut intégré à l'Empire russe par l'acquisition de la Courlande (1795) ; il fut partagé en 1918 entre l'Estonie (v.) et la Lettonie (v.).