Liutprand ; roi des Lombards
Liutprand ; roi des Lombards [712-744]. Installés en Italie sous la direction d'Al-boïn, les Lombards commencent à former une monarchie organisée sous le règne d'Authari [584-590], époux d'une princesse bavaroise catholique, Théodelinde, et de son successeur Agilulf, nouvel époux de Théodelinde (590-616), qui étend les conquêtes, met le siège devant Rome avant d'obtenir du pape Grégoire Ier le paiement d'un tribut. Ouvert à la romanité, Agilulf ébauche un ordre de succession dynastique, qui échoue dès 626. Le nouveau règne, celui d'Arioald [625-636], marque le retour et du pouvoir des ducs, d'origine clanique, et d'un arianisme véhément. Arien comme son prédécesseur, mais époux d'une catholique, Gundeperga, lui aussi « roi des Lon-gobards » et non « roi d'Italie », Rotari [636-652] donne aux Lombards leur premier code, l'Edit, et développe le pouvoir royal. Aripert [653-661], Bavarois lié à Gundeperga, sanctionne l'agonie de l'arianisme. Une époque de troubles profonds s'ouvre alors, qui ne trouvent qu'un dérivatif dans les hostilités contre Byzance. Le sentiment dynastique est contrecarré par les ambitions des duchés périphériques, mais les règnes de Grimoald [664-671] et de Cunipert [678-700] voient progresser l'initiative royale que porte à son apogée Liut-prand, fils du duc d'Asti Ansprand, qui a été roi trois mois (mars-juin 712). Complétant l'Edit de Rotari par une abondante législation, L. se pose en prince chrétien, appuyant et légitimant le pouvoir royal par l'Eglise. La loi romaine est reconnue aux hommes libres qui ne sont pas de loi lombarde ; l'administration de la justice et celle des propriétés royales sont perfectionnées. La noblesse lombarde est profondément incorporée dans le réseau des fidèles du roi (gasindi). L. enfin sait ménager la susceptibilité des duchés de Spolète et de Bénévent, définis, selon l'opportunité, comme alliés ou parties intégrantes de son royaume. D'abord prudent dans ses actions, L. sait admirablement tirer parti du retrait de fait du pouvoir byzantin de la péninsule et des ambitions montantes et contradictoires de ses anciens délégués ou agents, exarque de Ravenne, duc de Rome, pape. En 729, il se pose en protecteur de Rome, lorsqu'il écarte la menace byzantine et dépose ses armes sur le tombeau de saint Pierre. Ses relations avec les Francs sont toujours bonnes : Charles Martel envoie son fils Pépin à L. et celui-ci lui coupe les cheveux, en signe de majorité, ce qui institue entre eux un rapport de parenté artificielle. L. doit bientôt affronter un pape d'origine grecque, Grégoire III [731-741], déterminé à s'appuyer sur les forces byzantines de la péninsule pour faire décliner l'étoile montante du roi lombard. Une intervention armée n'a pourtant comme résultat que de pousser L. à s'emparer temporairement de Ravenne (732). L. poursuit son avantage en 739, en prenant des places (Amelia, Orte, Bomarzo, Blera) qui lui permettent de menacer directement Rome, en 742 en ressaisissant son autorité sur Spolète. Le pape Zacharie [741-752] plie mais demande fermement la restitution des terres et places romaines, qui vont devenir, en partie comme prétexte, la pomme de discorde fatale au royaume lombard (entrevue de Terni, printemps 742). L. poursuit la lutte contre l'exarchat de Ravenne lorsqu'il meurt en janvier 744, en ayant toujours vu les Francs refuser d'intervenir contre lui. Son petit-fils Ildeprand, associé au trône depuis 736, lui succède avant d'être déposé à la fin de l'année au profit de Ratchis, duc du Frioul, remplacé par son frère Aistulf [749-756], qui fait les frais de l'alliance entre la papauté et les Francs de Pépin.
Liens utiles
- Théodolindeseconde moitié du VIe-VIIe siècleÉpouse d'Autharis, roi des Lombards, elle se remaria avec Agilulf, duc de Turin, qu'ellehissa sur le trône de Lombardie et convertit au christianisme en 591.
- DidierVIIIe siècleÀ la mort d'Aïstulf, Didier est proclamé roi des Lombards, malgré l'opposition de Ratchis,frère du souverain disparu et lui-même ancien roi.
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