Databac

LIPSE Juste

LIPSE Juste (Joost Lips, nom latinisé en Iustus Lipsius). Philologue flamand. Né à Overyssche, près de Bruxelles, le 18 octobre 1547, mort à Louvain (Brabant) le 23 avril 1606. Il fut l’un des derniers grands humanistes et, avec Casaubon et Scaliger, le plus grand érudit de son temps. Après ses premières études chez les jésuites de Cologne, il alla compléter à Louvain sa formation philosophique et littéraire. A Anvers fut publié, en 1569, son premier ouvrage de philosophie, Variarum lectionum libri quatuor. Il suivit le cardinal Granvelle à Rome, où il eut le loisir d’entrer en relations avec les esprits les plus raffinés de la culture italienne, et de se perfectionner dans ces études classiques où il devait passer maître. Nous le trouvons ensuite en Allemagne, où il enseigne à l’Université luthérienne d'Iéna, de 1572 à 1575; puis vient une période de pérégrinations anxieuses, et il s’établit en Hollande où il occupe, de 1579 à 1591, à Leyde, la chaire de lettres latines à l’Université calviniste. Ce furent ses années les plus fécondes, marquées par l’édition de nombreux classiques latins (Tacite, César, Valère Maxime), par des ouvrages d’érudition et par des œuvres originales. Bien qu’il fût plutôt un homme de lettres qu’un philosophe, il exerça, par certains de ses écrits, beaucoup d’influence sur la pensée de ses contemporains, par exemple avec les Politicorum sive civilis doctrinae libri sex (1589), d’une inspiration apparentée à celle de Tacite, et surtout avec l'introduction à la philosophie stoïcienne (1604), qui remettait en lumière les thèses principales de la morale stoïcienne. Lipse subit, aussi bien à Leyde qu’à Iéna, l’influence des milieux réformés et adhéra, au moins extérieurement, à leur doctrine. S’étant réconcilié en 1591 avec l’Eglise, il rentra, l’année suivante, dans les pays catholiques, et assuma la charge d’un enseignement à Louvain, où il continua études et publications jusqu’à sa mort. Dans le monde des lettres, il a joui d’une considération presque égale à celle qui avait entouré Erasme trois quarts de siècle auparavant. Les plus grands humanistes du temps ont été en correspondance avec lui, depuis Fulvio Orsini jusqu’au jeune Quevodo dont il avait devine le génie.

Liens utiles