LIGUE ARABE, Jami'a al-Arabiya
Organisation des États arabes fondée au Caire le 22 mars 1945 par l'Égypte, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l'Irak, l'Arabie Saoudite et le Yémen. Aux sept membres fondateurs vinrent s'ajouter la Libye (1953), le Soudan (1956), la Tunisie et le Maroc (1958), le Koweït (1961), l'Algérie (1962), la république démocratique populaire du Yémen ou Yémen du Sud (1968), Bahreïn, Oman, le Qatar et les Émirats arabes unis (1971), la Mauritanie (1973), la Somalie (1974), Djibouti (1979), l'État autoproclamé de Palestine (1988) et les Comores (1993). Le but initial de la Ligue arabe était de favoriser l'unité des pays arabes et de coordonner les politiques des États membres. Unie dans son action contre le maintien des troupes françaises au Liban et en Syrie (1945) et dans son soutien aux nationalismes maghrébins, la Ligue montra ses divisions internes dès 1948 face au défi israélien. Le traité de défense commune de 1950 resta sans portée pratique. Après l'avènement de Nasser, des tensions se manifestèrent entre pays arabes « neutralistes » et « pro-occidentaux ». Même sur les plans économique et financier, l'effort de coopération resta longtemps inefficace, en dépit de la création d'une Banque de développement arabe (1959) et d'un Marché commun arabe (1965). Déclinante à la fin des années 1960, la Ligue arabe parut prendre un nouveau départ après la guerre israélo-arabe de 1973, où pour la première fois, la solidarité arabe fonctionna dans l'application, à l'encontre des alliés d'Israël, de sanctions économiques, pétrolières et monétaires. Aux sommets arabes d'Alger (1973) et de Rabat (1974), tous les États de la Ligue parvinrent à adopter une position commune sur le problème palestinien. Les accords de paix avec Israël (1978) brouillèrent l'Égypte avec la Ligue arabe : le gouvernement égyptien considéra comme nul et non avenu le transfert du siège de la Ligue du Caire à Tunis en 1979. En 1987, le sommet d'Amman autorisa chaque État membre à renouer avec le Caire, et l'Égypte put réintégrer la Ligue le 23 mai 1989. En oct. 1990, le siège de l'organisation regagna le Caire. Pendant la seconde guerre du Golfe (v.), la Ligue arabe ne parvint pas à élaborer une position commune. En oct. 2000, néanmoins, elle sut se réunir pour voter des secours extraordinaires aux Palestiniens, engagés dans les affrontements de la « seconde Intifada ». Le 28 mars 2002, les 22 membres adoptaient à l'unanimité une « initiative de paix » avec Israël, en échange de l'évacuation des territoires occupés, de la reconnaissance de l'État de Palestine et de la résolution de la question des réfugiés. L'unité de la Ligue fut aussi acquise en févr. 2003, lors d'un sommet extraordinaire, pour s'opposer à toute opération militaire en Irak.