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L'histoire dans la Grèce attique

histoire. Si l’on ne peut dire qu’ils ont inventé l’histoire, car les peuples de l’Orient possédaient des chroniques de caractère local, ce sont les Grecs qui ont conféré à l’histoire une dimension universelle et en ont fait un genre littéraire. Les premiers historiens dont on connaît les noms étaient appelés des logographes, ce qu’on peut interpréter comme des auteurs de discours en prose, par opposition à la poésie. Ces logographes s’inscrivent dans la lignée des chroniqueurs orientaux : ils ont rédigé des généalogies, des récits de fondations de cités, à la gloire des familles patriciennes ou des villes. Le premier d’entre eux est Cadmos de Milet, qui vivait au milieu du vie s. av. J.-C., auteur d'une Fondation de Milet. C’est aussi de Milet qu’était originaire l’un des plus importants de ces logographes, Hécatée. Le premier des historiens, celui qu’on a appelé le « père de l’histoire » et à qui les Grecs ont conféré le titre d’historien, est Hérodote. Après lui, Thucydide porta d’un seul élan le genre à sa perfection. Son Histoire de la guerre du Péloponnèse constitue non seulement la source capitale pour notre connaissance de cette période de l’histoire grecque, mais elle s’impose comme un chef-d’œuvre de la langue attique, et le modèle de la conception de l’histoire dans laquelle sont analysées les causes des événements relatés, tout autant que la psychologie des personnages mis en scène. Xénophon, avec ses Helléniques, est le continuateur de Thucydide. S’il se montre inférieur à son prédécesseur dans la vision de l’histoire, il inaugure une forme de roman historique avec la Cyropédie, le récit d’histoire vécue avec l'Anabase, la biographie avec son Agésilas, l’étude des institutions politiques avec sa Constitution de Sparte. Des successeurs de Thucydide et Xénophon au ive s. il ne nous reste plus que des extraits : Philistos de Syracuse, Éphore de Cumes (en Éolide), Théopompe de Chios. Ce n’est qu’à l’époque hellénistique qu’on assistera à une brève renaissance de l’historiographie avec Polybe de Mégalopolis (v. 207-v. 125 av. J.-C.). En 168, il fut compris parmi les otages envoyés par les Grecs à Rome après la défaite de Persée —► Macédoine). Favorable aux Romains, il devint l’ami des fils de Paul-Émile, Fabius et Scipion, et, lorsqu’il rentra en Grèce, en 150, il resta un grand ami de Rome. C’est d’ailleurs de l’histoire de Rome à l’époque de la seconde guerre punique et durant les décennies suivantes, que traitent les livres qui subsistent de ses Histoires. De moindre qualité, mais d’un vaste intérêt est la Bibliothèque Historique de Diodore de Sicile, né à Agyrium vers 90 av. J.-C. Dans cet ouvrage ambitieux dont il nous manque une grande partie, Diodore brossait une histoire du monde depuis les origines, y compris l’Inde, l’Arabie, les îles de l’Océan. La mythologie et la généalogie des dieux étaient intégrés à cet ensemble. Au Ie s. de notre ère, Denys d’Halicarnasse s’est fait l’historien de Rome, et Flavius Josèphe celui du peuple juif et de la révolte des Juifs contre les Romains (Guerres juives), dont il a été l’un des acteurs. À la fin de ce même siècle et au siècle suivant, Plutarque nous a laissé, dans ses Vies parallèles, de précieuses biographies, Arrien de Nicomédie s’impose comme le plus important des historiens d’Alexandre le Grand et Appien d’Alexandrie a écrit une Histoire romaine depuis les origines jusqu’au règne de Trajan, dont une grande partie est perdue mais qui nous renseigne sur les diverses guerres romaines.

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