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Les prêtres dans la Grèce antique

prêtres. Les Grecs n’ont pas connu un clergé constitué, comme le nôtre. Les prêtres étaient attachés à un sanctuaire mais ils n’étaient nullement chargés de préserver des dogmes intangibles. Par ailleurs, il n’existait pas d’opposition entre le laïque et le prêtre. Le père de famille qui sacrifiait aux divinités domestiques devenait prêtre en cet instant, et de nombreux magistrats, qui étaient des citoyens élus, recevaient souvent des fonctions religieuses. La royauté de l’époque homérique possédait de nombreuses attributions religieuses, et même lorsque les rois eurent perdu leur puissance politique, la dernière prérogative qu’ils conservèrent concernait leurs attributions religieuses : ainsi à Athènes l’archonte-roi, à Sparte les deux rois. Cette fonction religieuse des rois est apparentée au caractère religieux des chefs des grands génê : le génos était groupé autour d’un sanctuaire dont le prêtre était le roi du génos; ainsi s’explique l’existence des familles sacerdotales. L’Attique conserva un grand nombre de sanctuaires dont la prêtrise appartenait héréditairement à une même famille : les Amynandrides détenaient le culte de Cécrops sur l’Acropole, les Etéoboutades donnaient les prêtres de Poséidon-Erechthée et les prêtresses d’Athéna Polias. Le principe de l’hérédité était appliqué soit de père en fils, soit par élection parmi les membres du génos. Lorsqu’une famille n’était pas attachée à un temple, le prêtre était nommé par la voie de l’élection. La prêtrise ne requérait aucune aptitude particulière, sinon de ne pas avoir de tare ou d’infirmité et d'être citoyen. Il n’y avait pas non plus de condition d’âge ni de sexe : à Ægion, le prêtre de Zeus était choisi parmi les plus beaux enfants de la cité, ainsi que le daphnéphore, prêtre du temple d’Apollon Isménien à Thèbes; seuls les garçons impubères pouvaient être prêtres du temple d’Athéna Alea à Tégée et de celui d’Élatée, dédié à Athéna Cranaia ; d'autre part, le temple de Poséidon de l’île de Calaurie, ceux d’Artémis à Ægire et à Fatras, ne pouvaient être desservis que par de très jeunes filles. Il arrivait souvent que les divinités mâles fussent servies par des prêtres, et les divinités femelles par des prêtresses; cette règle souffre cependant un grand nombre d’exceptions, car on voyait aussi des temples desservis en même temps par des prêtres et des prêtresses. Dans certains cas, le sacerdoce pouvait s’acheter ; ainsi, à Halicarnasse, une femme acheta le sacerdoce du temple d’Artémis qu’elle fit construire à ses frais en se réservant les revenus du sanctuaire. Les prêtres pouvaient se marier; cependant, l'hiérophante d’Éleusis était tenu de garder le célibat, et le prêtre d’Héraclès Misogyne, en Phocide, devait rester chaste pendant son ministère, qui durait un an. Les prêtresses de déesses vierges, Athéna et Artémis, devaient en général être vierges, ou du moins observer la chasteté ; c’est pourquoi on choisissait pour ce ministère des adolescentes ou des vieilles femmes. Par ailleurs, certains sacerdoces étaient régis par un rituel d’interdictions : à Mégare, le prêtre de Poséidon ne pouvait manger de poisson; à Orchomène d’Arcadie, le prêtre et la prêtresse d’Artémis Hymnia devaient sélectionner leurs vêtements et leurs aliments et ils ne pouvaient entrer chez des particuliers, afin d’éviter toute souillure. Le sacerdoce pouvait s’exercer à vie ou temporairement. Les fonctions du prêtre étaient de trois sortes : 1° liturgiques, c’est lui qui consacrait la victime à sacrifier et qui prononçait la prière, tandis que le sacrifice lui-même était consommé en général par le fidèle; 2° administratives, il gérait les biens du dieu, soit sous le contrôle de commissions spéciales s’il desservait un sanctuaire d’État, soit seulement aidé par des subalternes s’il avait acheté sa fonction ou si le sanctuaire appartenait à sa famille; 3° diaconales, il entretenait la statue du dieu et le sanctuaire, aidé par les hiérodules et par divers fonctionnaires. Ces derniers, employés dans les temples importants, pouvaient être nombreux, ainsi, les néocores ou les zacores assistaient le prêtre dans les cérémonies du culte et veillaient à la décoration et à la propreté du temple ; à côté de ceux-ci, on trouve dans certains temples une quantité de fonctions subalternes : parasites, chargés de recevoir les grains ; échansons ; « épithymiatoies », conservateurs des reliques ; porteurs de van mystique (licnophores), des vases (canéphores). Le xyleus était chargé de fournir le bois du temple d’Olympie. La fonction de prêtre conférait d’appréciables avantages. D’abord honorifiques, car ils jouissaient d’une haute considération, recevaient des places d’honneur; matériels ensuite, car ils étaient souvent exemptés d’impôts et de liturgies, gardaient pour eux une part des offrandes, recevaient de l’argent pour assister aux sacrifices, mais surtout la plupart d’entre eux avaient la jouissance des biens-fonds appartenant au temple et devenaient ainsi les banquiers du monde grec.




prêtres. 1. En Grèce. Les prêtres et les prêtresses étaient nommés par l’assemblée (comme pour les charges politiques) pour être au service de dieux ou de déesses particuliers, pour accomplir des sacrifices et d’autres rites, et pour guider et instruire les fidèles dans le rituel. Ils n’avaient pas de hiérarchie, pas d’initiation ni d’autorité sacerdotale particulière, ni de connaissance religieuse spécifique (à l’exception des prêtres attachés aux cultes à mystères). Généralement, un prêtre ne renonçait pas à ses activités séculières du fait de sa fonction; d’autre part, un magistrat accomplissait souvent les devoirs du prêtre, qui faisaient partie de ses fonctions officielles (voir archonte). Normalement, il n’y avait pas de séparation entre la vie séculaire et la vie religieuse de la communauté. La prêtrise n’était pas une profession ni un mode de vie, mais une fonction à temps partiel qui conférait du prestige. Au théâtre à Athènes, les places d’honneur étaient réservées aux prêtres. Les prêtres pouvaient être désignés à vie, mais l’usage le plus répandu était une période d’exercice limitée. Le prêtre recevait les avantages de sa fonction, une part des sacrifices, et parfois de l’argent. A Athènes, la prêtresse d’Athéna Niké était désignée à vie et recevait 50 drachmes par an à côté des autres avantages de sa charge. En général, le célibat à vie n’était que rarement exigé; à Athènes, la prêtresse d’Athéna Polias n’était pas une vierge mais une femme mûre qui avait sa vie sexuelle derrière elle. La pureté rituelle (par exemple éviter le contact avec la mort) était exigée dans certaines occasions. Certaines prêtrises étaient héréditaires dans quelques vieilles familles (une survivance des temps les plus anciens ; l’une des particularités de l’aristocratie était de donner de l’importance à une connaissance exacte du rituel) : à Athènes, la famille des Étéoboutades fournissait le prêtre de Poséidon Erechthée et la prêtresse d’Athéna Polias; ainsi cette famille était responsable des cultes les plus importants de l’Acropole. Les mystères d’Eleusis sont restés, durant toute l’Antiquité, sous le contrôle des Eumolpides et des Ceryces.

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