Databac

Le temps n'est-il pour l’homme que ce qui Le limite ?

LE TEMPS

La mort comme finitude essentielle

Le caractère insaisissable du moment présent constitue par excellence l’illustration de la fuite du temps.
Aussi les poètes ont-ils très souvent invoqué la fugacité du moment qui passe et la brièveté de la jeunesse afin d’inviter leurs compagnes à cueillir sans tarder les roses de la vie.
"Prima quae vitam dédit, hora capsit" : «la première heure qui t’a donné la vie, elle te l’a retirée», disait Sénèque (Lettres à Lucilius).

La hâte, norme des sociétés contemporaines

Notre civilisation tente, précisément, de multiplier les records de vitesse et recherche la célérité maximale.
Il y a là, à rien pas douter, une frénétique recherche du gain et, accessoirement du mieux-être, qui confère à beaucoup l’illusion qu’ils trompent, en quelque sorte, la mort ; qu’ils existent à proportion de leur agitation permanente.
Or ce « divertissement », comme l’appelait Pascal, ne peut guère donner de satisfaction durable : le temps a tôt fait de lui imposer des limites et de faire connaître bientôt son néant.

La fuite du temps : le sel de la vie

Le temps n'est-il, cependant, qu’une limitation ? Non, certes, puisque la conscience des temps historiques nous permet, ainsi que le disait Auguste Comte, de tirer bénéfice de l’œuvre des générations précédentes, et de nous appuyer sur elles, comme un nain sur les épaules d’un géant.
En outre, le passé individuel, loin de constituer exclusivement une limitation, peut représenter, au contraire, une force qui concourt à notre bien-être. Ainsi le narrateur de la "Recherche du temps perdu" éprouve-t-il un «plaisir délicieux» lorsque le goût d’une petite madeleine évoque en lui le souvenir des dimanches à Combray.
Enfin, la vie n’aurait ni charme ni «sel» sans la limite qu’y constitue le temps. Nécessairement, l’ennui naîtrait d’une vie sans termes ni échéances»

Liens utiles