Databac

Le mobilier dans la Grèce antique

mobilier. Il fut toujours simple jusqu’à l’époque hellénistique. Les pauvres, dans les campagnes et même dans les villes, à l’époque archaïque et plus tardivement, dormaient sur des paillasses ou sur des peaux de bêtes et s’asseyaient sur une couverture posée à terre. Une ou deux tables basses, quelques lampes à huile et des instruments de cuisine complétaient le mobilier. Réservés aux riches et aux rois à l’époque homérique, les lits, taillés dans du bois formant un cadre tendu de sangles de cuir, deviennent par la suite de plus en plus communs. Selon la richesse et le goût, les lits, pourvus de pieds hauts, étaient simples ou incrustés d’ivoire et de métaux précieux; on jetait sur les sangles une peau ou une paillasse, mais aussi des coussins bourrés d’étoffe ou de gnaphalion (Santolina maritima), aux feuilles moelleuses ; il n’y avait pas de draps, mais des couvertures aux couleurs vives et souvent imprégnées de parfums ; on plaçait aussi des oreillers à la tête et aux pieds. Les autres meubles des chambres étaient les coffres bas, en général en bois, où l’on déposait les vêtements et qui servaient aussi de sièges, les chaises, les tabourets et les fauteuils à hauts dossiers. Les lampes étaient posées sur des trépieds de bronze placés au chevet du lit. Les meubles essentiels de la salle à manger étaient les lits, en général simples, sur lesquels on s’étendait pour manger; ils étaient disposés autour de la table, carrée ou ronde et pourvue de trois pieds galbés. Le goût des bibelots se développa très tôt; les vases peints, aux formes les plus diverses, les coupes, les assiettes fines, toutes des œuvres exquises et travaillées avec beaucoup de soin, qui nous font connaître la grande poterie grecque, n’étaient pas toujours des objets d’usage courant, mais des ornements pour les maisons ; les tablettes en bois rares, sculptées et incrustées d’ivoire et de métaux précieux, et les trépieds de bronze ciselé supportaient comme des crédences ces poteries, ainsi que des vases d’argent ciselé, des statues de marbre, de bronze, de terre cuite, des lampes aux formes élégantes, une multitude d’objets d'art de toutes provenances. C’est encore dans les gynécées qu’étaient placés les métiers à tisser et tout le nécessaire pour le filage de la broderie. Les Grecs ne connurent pas l’armoire, qui est une invention romaine, bien qu’ils l’aient parfois adoptée après avoir été soumis à ces derniers. Ils ignoraient aussi le fourneau; la cuisine était faite sur des braseros, qui servaient également au chauffage et dans lesquels on brûlait du charbon de bois ou du lignite. Si les maisons n’avaient pas de cheminées, les plus riches d’entre elles possédaient néanmoins des conduits pour l’évacuation de la fumée (kapnodokê). La baignoire, qui ne se trouvait que dans les maisons pourvues de salles de bains, était un legs de l’époque préhellénique ; c’était un grand bassin, souvent en terre cuite : c’est dans une telle baignoire (asaminthos) qu’Agamemnon fut assassiné. Ce n’est qu’à l’époque hellénistique et dans les très riches demeures qu’on fit des baignoires en forme de petites piscines ; cependant, à l’époque hellénistique, on utilisait de grandes vasques autour desquelles pouvaient se tenir plusieurs personnes, Mais, en général, les baignoires étaient petites, en forme de sabot, et l’on ne pouvait y rester qu’assis. Enfin, l’un des derniers meubles utiles, surtout dans les maisons pauvres dépourvues de latrines, était l’amis (vase de nuit). Signalons encore qu’il était de bon ton chez les riches de sortir en compagnie d’un esclave porteur d’un siège pliant afin de pouvoir commodément s’asseoir à l’endroit choisi pour converser avec des amis.

Liens utiles