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La toilette dans l'Antiquité

toilette. La religion, qui, par la purification rituelle, exigeait une propreté élémentaire, et la médecine, qui prescrivait une hygiène rigoureuse, ont sans doute contribué à développer chez les Grecs le goût de la propreté. Il est cependant certain que les notions d’hygiène ont notablement varié selon les époques, les cités, les classes de la société et les habitats. Le rude paysan au fond des campagnes dans un pays où l’eau faisait souvent défaut, négligeait les soins de la propreté, tandis que ceux-ci étaient un des soucis constants des habitants de Sybaris. À l’époque homérique, on prenait des bains dans des baignoires —► mobilier ; dans l'Odyssée, on voit même les femmes prendre des bains dans les rivières, mais à l’époque classique, pour celles-ci on ne le verra plus qu’à Sparte. Dans les figures de vases attiques de l’époque archaïque, on voit les jeunes gens se baigner dans les fontaines publiques, lorsque celles-ci ne comportaient pas de vasques où l’eau aurait pu être polluée ; le développement des palestres et des gymnases, ainsi que des bains publics et des salles de bains particulières fit cesser cette pratique. En général, l’accessoire des bains privés ou publics était une vasque circulaire élevée sur un pied, en fait une sorte de lavabo dans lequel tombait un jet d’eau ou qu’on remplissait à l’aide de cruches. L’usage des baignoires se développa dans les maisons à partir de l’époque hellénique; elles étaient basses et on devait se doucher avec un vase ou une éponge. Les Grecs ont aussi connu les établissements de bains (balanion) dès le Ve s. av. J.-C. Comme dans les bains romains, il y avait des bains chauds et des bains froids, ainsi que des étuves et des esclaves, garçons de bains qui aidaient les baigneurs et les frottaient d’huile. Des salles étaient réservées aux femmes, mais les femmes de la bonne société ne s’y montraient pas, ne serait-ce que parce qu’elles possédaient tout le nécessaire dans leur gynécée. Pour les hommes, les bains publics étaient aussi un lieu de rencontre où l’on se retrouvait entre amis pour bavarder comme sur l’agora et où, l’hiver, les pauvres trouvaient un endroit chauffé, le prix d’entrée étant très modique (2 chalques à l’époque classique). Des peintures de vases montrent des femmes se lavant sous des douches, en commun ; il semble qu’il s’agisse de bains publics qui leurs étaient réservés. Les Grecs ont accordé une attention particulière à la toilette de leurs pieds. Chez eux, des cuvettes étaient destinées à cette fonction; dans les gymnases et même dans les salles de bains particulières, on a trouvé des vasques à eau courante réservées à cet usage. Cette pratique du lavage des pieds était presque caractéristique des mœurs grecques. Ulysse, se présentant à la porte de son palais comme un voyageur étranger, s’assied pour avoir les pieds lavés par sa propre nourrice; des esclaves lavaient les pieds des invités à un symposion ou, tout simplement, comme Socrate, on allait tremper ses pieds dans un cours d’eau. Contrairement aux Romains, les Grecs ne connaissaient pas le savon et le remplaçaient par de l'argile, par du carbonate de sodium, peut-être même par la konia, solution de potasse en général utilisée pour les lessives ; on employait aussi, au moins en Sicile à l’époque hellénistique, une pâte molle dont nous ignorons la composition. Comme à toutes les époques, les femmes utilisaient fards, onguents et parfums, ces derniers n’étant d’ailleurs pas dédaignés par les hommes. La céruse était utilisée comme fond de teint; on rougissait les joues et les lèvres avec du suc d’orcanette et on passait du noir sur les paupières et les sourcils. On peut encore signaler qu’à l’époque classique les Grecs négligeaient la propreté de leurs dents. —► barbe, barbier.

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