KÉMALISME
KÉMALISME
Du nom de Mustafa Kemal (ou Kemal Atatürk), militaire et homme politique turc (1881-1938) qui milite pour la préservation de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Turquie, à la suite de la débâcle de l’Empire ottoman pendant la Grande Guerre aboutissant à son dépeçage. M. Kemal dirige aussi les opérations militaires (1919-1921) contre les Arméniens, les Kurdes, les Français en Cilicie, contre les Italiens à Konya et contre les Grecs à Inönü.
Mais, au-delà de cette action de salut national, le kémalisme est le prototype d’un vaste mouvement de nationalisme musulman, répandu dès le début du xxe siècle, liant un patriotisme aigu du territoire à une profonde volonté de modernisation. Il s’est illustré par la fondation de la République turque (1922) et l’abolition du califat (1924).
Résolument laïque et anticlérical, le kémalisme œuvre pour la construction d’un État-nation turc opposé dans tous ses aspects au modèle traditionnel de l’État ottoman, impérial et largement dépendant, dans sa culture et sa juridiction, de la religion.
Par des méthodes volontaristes et souvent autoritaires, le pouvoir kémaliste impose une série de mesures visant à moderniser - voire à occidentaliser - la Turquie. Il remplace les tribunaux islamiques par une justice unique et laïque. Il combat les confréries religieuses, adopte un code civil suisse (1926) et supprime les écoles et l’enseignement coraniques. Il interdit le voile islamique féminin, décrète l’usage du calendrier grégorien et de l’alphabet latin.
KEMAL Mustafa Pacha, dit Atatürk (1881-1938)
Homme d’État turc.
Né à Salonique, Mustafa Kemal mène la résistance nationale contre l’intervention des puissances occidentales pendant la Grande Guerre, à laquelle ne survivra pas l’Empire ottoman. Le sultanat et le califat seront bientôt abolis. En 1923, M. Kemal proclame la République de Turquie. Sa politique, laïque et autoritaire, est dictée par la volonté de se débarrasser du système traditionnel et de créer une nation turque de type occidental. À cette fin, il mène une politique sans concession envers les minorités nationales. L’occidentalisation généralisée de la Turquie va de pair avec la poursuite d’une politique d’indépendance nationale. Dans les dernières années de sa vie, il assume le nom d’Atatürk (« père des Turcs »).