KEITA Modibo
KEITA Modibo (1915-1977)
Homme politique malien, chef de l’État de 1960 à 1968.
Entre le réformisme à la manière du Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le socialisme à la guinéenne de Sékou Touré, Modibo Keita a vainement tenté de maintenir le Mali, pauvre et enclavé, à l’abri du clivage Est-Ouest. Musulman d’origine malinké, M. Keita exerce son métier d’instituteur dans l’ancien Soudan français (actuel Mali) jusqu’en 1947. Déjà actif dans le syndicalisme enseignant, il se lance après la guerre dans l’action politique, occupant le poste de secrétaire général de l’Union soudanaise, puis adhérant à la section locale du Rassemblement démocratique africain (RDA) en 1946. Député à l’Assemblée territoriale en 1948, puis conseiller de l’Union française en 1953, il est député à l’Assemblée nationale trois ans plus tard. Président du Grand Conseil de l’AOF (Afrique occidentale française), il se prononce pour le « oui » au référendum de 1958 sur la Communauté franco-africaine, et c’est en tant que président de la République autonome du Soudan qu’il est le plus ferme partisan d’une fédération englobant l’ancienne AOF. Les querelles de personnes font échouer tous les projets, dont celui d’une fédération du Mali entre le Sénégal et le Soudan (1959-1960). Il rejoint alors le camp dit « progressiste » et s’engage dans une politique de nationalisations. Mais la situation du pays se détériore et M. Keita ne peut freiner les débordements répressifs de la milice qui ouvre la voie au coup d’État (1968) du lieutenant Moussa Traoré.