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KATANGA

Province (496 965 km2) du sud-est du Congo-Kinshasa, le Katanga (renommé « Shaba » entre 1972 et 1997) est riche en minerais (cuivre et cobalt, notamment). Ceux-ci ont été exploités dès l’occupation coloniale. En 1891 est créée la Compagnie du Katanga, qui se consacre à la reconnaissance du territoire et à la signature de traités avec les chefs locaux. En 1900 est fondé le Comité spécial du Katanga (CSK), qui fonctionnera comme un pouvoir concédant, cessionnaire et concessionnaire des terres de la province jusqu’en 1966. L’Union minière du Haut-Katanga (UMHK) naît en 1906, suivie, entre 1910 et 1929, de plusieurs autres compagnies minières. La ligne de chemin de fer Bas-Congo-Katanga (BCK), rendue nécessaire par l’exploitation minière, facilite la circulation entre le Katanga et les autres provinces du Congo, particulièrement le Kasai d’où vient une main-d’œuvre abondante. Le « nationalisme katangais » naît à l’approche de l’indépendance (1960). Il bénéficie de l’appui des colons. L’importance prise par les immigrés aux élections communales de 1957, surtout l’alliance de certains d’entre eux avec le MNC (Mouvement national congolais) de Patrice Lumumba réaniment le sentiment autonomiste dans la province. Mais le parti Conakat, dominé par les leaders du Sud, rencontre une résistance de la part de l’ethnie majoritaire du Nord regroupée dans le parti Balubakat. À l’indépendance, la Loi fondamentale consacre un pays unitaire avec de larges pouvoirs concédés aux provinces. Mais le Katanga s’érige en État sécessionniste dès le 11 juillet 1960, sous la direction de Moïse Tshombé. Cette situation engendre une crise grave, dont les implications sont internationales. La guerre civile s’étend dans le pays. Les forces belges, ainsi que des mercenaires (les « katangais ») appuient la sécession. Les forces de l’ONU (Organisation des Nations unies) mettent un terme au mouvement en 1963. Le Katanga reçoit le même statut que les autres provinces. Son poids reste pourtant prépondérant, car le secteur minier est devenu, à travers la politique du régime postcolonial, le pilier de l’économie. Il contribue pour 24 % à 25 % au revenu national entre 1972 et 1987, représentant alors 70 % en moyenne des recettes globales d’exportation. La compagnie Gécamines (anciennement UMHK) occupe une position clé dans le secteur. Mais, si en 1990 la Gécamines représentait encore 121,4 millions de dollars (14,8 % des revenus de l’État), sa contribution avait presque disparu en 1992 à la suite de l’effondrement de la mine de Kamoto et d’un manque d’investissements. Au début des années 1960, et à nouveau au début des années 1990, caractérisées par l’« octroi » des libertés publiques et la réorganisation du pouvoir à l’échelle nationale, les populations immigrées des autres provinces du Congo ont été chassées du Katanga, particulièrement les Baluba originaires du Kasai.

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