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JUSTIN (saint)

JUSTIN (saint), Père de l'Église, apologiste et martyr (Flavia, Neapolis, Samarie, v. 100 - Rome v. 165). Il étudia les philosophies platonicienne et stoïcienne; converti au christianisme, il continua à enseigner la philosophie et ouvrit à Rome la première école chrétienne. Il fut dénoncé et martyrisé. Il écrivit le Dialogue avec Tryphon, polémique ardente soutenant la vérité de l’Évangile comme accomplissement des prophéties, et deux Apologies, adressées l’une à Antonin le Pieux, l’autre à Marc Aurèle.

JUSTIN saint, dit le Philosophe. Docteur de l'Église. Né à Flavia Neapolis, l'ancienne Sichem, aujourd'hui Naplouse, au commencement du IIe siècle, martyrisé à Rome entre 163 et 165. De famille païenne, il ne se convertit au christianisme qu'après avoir cherché vainement la vérité dans différentes écoles philosophiques, et principalement dans celle de Platon. La date de sa conversion est incertaine, et le récit qu'il en a laissé dans le Dialogue avec le juif Tryphon, exact en ce qui concerne les idées, mais très littéraire, n'offre pas, quant aux circonstances, toutes les garanties d'une vraie confession. Il est certain, cependant, que Justin fut amené, pour une grande part, à se convertir par suite de l'accomplissement des prophéties, de la haute moralité des chrétiens et de l'héroïsme des martyrs. Même après sa conversion — survenue, croit-on à Ephèse — il continua à enseigner la philosophie, en se gardant, toutefois, d'imiter la jactance de ces rhéteurs qu'il appelle des « amants du bruit et non de la sagesse ». Il fit deux séjours à Rome et y ouvrit une école de philosophie chrétienne. A partir de 150, il écrivit deux Apologies des chrétiens (en se qualifiant « l'un d'eux ») et du christianisme, qu'il adressa à Antonin le Pieux, à Marc-Aurèle, à Lusius Verus, au Sénat et au peuple de Rome. La Deuxième apologie à Antonin le Pieux en faveur des chrétiens n'est, à vrai dire, qu'un appendice à la première : Apologie au Sénat romain en faveur des chrétiens. Dans cet ouvrage, apparaît sa doctrine du « logos spermatikos », grâce à laquelle un pont est jeté entre quelques philosophes grecs considérés comme ayant eu une révélation partielle du Verbe, et le christianisme. Dans ces apologies, Justin, avec beaucoup de sérénité, ne cache pas qu'il s'attend à subir à son tour le martyre. Toute sa vie fut d'ailleurs une « méditation sur le martyre » qui donnait du poids à sa parole et renforçait son courage. Ce martyre qu'il prévoyait sans le redouter fut l'aboutissement des calomnies du philosophe cynique Crescentius qu'il avait, au cours d'un débat contradictoire, convaincu d'Ignorance en ce qui concerne la religion chrétienne. Il eut lieu sous le préfectorat d'un autre philosophe, le stoïcien Junius Rusticus, et le règne de Marc-Aurèle qui, plus que tout autre, pourtant, était apte à comprendre une grande âme. On a conservé les Actes de son martyre (saint Justin l'affronta en compagnie de quelques autres chrétiens, entre 160 et 165). Comme le préfet Rusticus lui demandait ironiquement : « Toi qui es un savant, comment peux-tu t'imaginer que, si je te fais décapiter, tu ressusciteras et monteras au ciel ? — Je ne me l'imagine pas, répondit Justin, mais je le sais d'une science certaine. »

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