JUIN 1848 (journées des 23, 24, 25 et 26)
Journées révolutionnaires parisiennes. Les élections du 23 avr. 1848 avaient amené une majorité modérée et conservatrice à l'Assemblée constituante. Le parti avancé, mécontent de ce résultat, organisa contre l'Assemblée la manifestation du 15 mai, qui fut un échec. La majorité de l'Assemblée, inquiète, décida alors (21 juin) de fermer les Ateliers nationaux (v.) qui n'avaient rendu aucun service et qui étaient devenus des foyers d'agitation. Les ouvriers furent invités à s'enrôler ou à partir pour la Sologne, où on leur offrait du travail. Des manifestations éclatèrent aussitôt, et, le 23, plusieurs quartiers populaires de Paris se hérissèrent de barricades. Les insurgés, qui réclamaient « du travail et du pain », contrôlèrent bientôt la plus grande partie du centre et de l'est de la capitale. La commission exécutive de l'Assemblée, qui exerçait le pouvoir depuis le 10 mai, démissionna et le général Cavaignac fut investi de pleins pouvoirs. L'état de siège fut proclamé. Les forces de l'ordre, renforcées par des troupes et des gardes nationaux amenés de province, mirent trois jours à écraser l'insurrection ; l'archevêque de Paris, Mgr Affre, venu exhorter les combattants à la paix, fut tué au faubourg Saint-Antoine (25 juin). Les journées de Juin firent 4 000 morts parmi les insurgés, 1 600 parmi les forces de l'ordre ; il y eut 11 000 arrestations et plus de 4 000 déportations sans jugement en Algérie. Jamais encore Paris n'avait vu une bataille de rue aussi acharnée et meurtrière. Ce fut la fin des illusions fraternelles nées de la révolution de févr. 1848. Une sorte de peur sociale s'empara de la bourgeoisie et l'Assemblée prit une série de mesures d'autorité : le général Cavaignac, nommé président du Conseil, conserva le pouvoir exécutif ; des poursuites furent engagées contre les chefs socialistes, même s'ils n'avaient pas pris part à l'insurrection (Louis Blanc se réfugia en Angleterre) ; la plupart des clubs furent fermés, la garde nationale épurée, la journée de travail fixée à douze heures ; une loi restreignit la liberté de la presse en rétablissant pour les journaux un cautionnement de 24 000 francs. La majorité de la population, surtout en province, approuva ces mesures comme le montrèrent les élections locales d'août 1848. Aussi bien, la république continuait, et les mêmes hommes qui avaient réprimé résolument l'insurrection parisienne devaient inscrire dans la Constitution de 1848 les principes de la souveraineté du peuple et du suffrage universel. Mais les ouvriers de la capitale se détournèrent du régime ; indifférents désormais à la politique, ils assistèrent passivement, trois ans plus tard, au coup d'État du 2-Décembre.
JUIN 1848 (Journées du 23 au 26). Journées insurrectionnelles parisiennes consécutives à la fermeture des Ateliers nationaux décidée le 21 juin par l'Assemblée dominée par des républicains modérés. Ces journées (23-26 juin) réprimées par Cavaignac, ministre de la Guerre, anéantirent les illusions nées lors de la révolution de Février 1848. Ces journées sanglantes (4 000 morts) furent suivies de représailles sévères : il y eut plus de 11 000 arrestations et 4 000 inculpés furent déportés en Algérie. Elles provoquèrent aussi la peur des possédants et d'une grande majorité de la paysannerie qui se détournèrent du régime républicain. Voir Ordre (Parti de 1'), République (Seconde).
Liens utiles
- Journées de Juin (23 au 26 juin 1848)23 juin 1848 : Émeutes après la dissolution des ateliers nationaux ; uneinsurrection ouvrière éclate dans la capitale.
- La défaite de l'insurrection parisienne de juin 1848 -? la première grande bataille entre prolétariat et bourgeoisie ?- devait de nouveau, pour une certaine période, refouler à l'arrière-plan les revendications sociales et politiques de la classe ouvrière européenne. Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, traduction de Laura Lafargue, ABU, la Bibliothèque universelle
- MAC-MAHON, Edme Patrice Maurice, comte de (13 juin 1808-17 octobre 1893) Président de la République (1873-1879) Saint-cyrien, issu d'une famille irlandaise, il est nommé général en juin 1848.
- Les journées de juin 1848Du sang sur la République.
- Révolution de février 184823, 24 et 25 février 1848 : Journées révolutionnaires à Paris.