jugement dernier
jugement dernier, jugement solennel par lequel Dieu manifestera à la fin du monde, et devant toute l’humanité, les mérites et les démérites de chacun. Le christianisme et l’islam annoncent ainsi la fin du monde actuel, par le jugement de tous les fidèles trépassés devant un tribunal céleste précisé par l’Apocalypse de saint Jean et l’Évangile de saint Matthieu (XXV, 31-46). Au son de la trompette des anges, les morts sortiront de leurs tombeaux et comparaîtront devant leur Juge suprême, le Fils de Dieu dans toute sa gloire : les bons iront à sa droite au ciel et les mauvais à sa gauche vers l’enfer. Ce sujet a été le grand thème iconographique des tympans des cathédrales romanes et mêmes gothiques, et a été repris par les peintres jusqu’à Michel-Ange, Le Christ, généralement assis en majesté, juge et bénit, et l’archange saint Michel pèse les âmes pendant qu’un démon attentif sur la gauche attend les damnés, tandis que sur la droite des élus radieux montent vers le ciel. Cette image médiévale était faite pour effrayer les croyants par la vue des peines terrifiantes de l’enfer. L’islam a emprunté le schéma du jugement dernier au christianisme : tout se passe dans les mêmes conditions; l’ange Israfil annoncera la fin des temps. Si les catholiques reconnaissent un jugement particulier, aussitôt après la mort, les orthodoxes n’admettent que le jugement dernier, après un séjour transitoire dans les limbes. Les protestants et surtout certains de leurs théologiens, effrayés par la doctrine de l’éternité des peines, nient le châtiment final et éternel. Le bouddhisme mahayâna, qui admet un paradis et un enfer, a lui aussi un juge souverain des enfers, Kshitigharba, et cette scène est souvent représentée sur des bannières peintes de l’Asie centrale. Mais en remontant plus haut dans le temps, c’est l’Égypte qui donne l’image la plus précise de la croyance au jugement des morts, avec le « pèsement des âmes».
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