Juan d'Autriche, don (Ratisbonne 1547-Bourges, près de Namur, 1578) ; homme de guerre espagnol et amiral de Philippe II.
Juan d'Autriche, don (Ratisbonne 1547-Bourges, près de Namur, 1578) ; homme de guerre espagnol et amiral de Philippe II.
J. est un fils illégitime de Charles Quint et, probablement, de Barbara Blomberg, la fille d'un riche négociant de Ratisbonne. Il vit d'abord, sans avoir connaissance de son origine, chez des gens simples à proximité de Madrid, puis il est admis comme page à la cour de Charles Quint, et officiellement reconnu en 1559 par Philippe II comme étant son demi-frère ; il reçoit alors le nom de don Juan d'Autriche et le rang de chevalier. Il se lance dans la carrière militaire et apporte très vite la preuve de ses grandes capacités en la matière, ce qui lui promet un brillant avenir. En 1568, il est nommé commandant en chef de la flotte de la Méditerranée et dirige en 1569-1570 les opérations engagées contre les pirates, ainsi que la répression contre les Morisques qui se sont révoltés à Grenade. C'est lui aussi qui commande la flotte qui remporte, le 7 octobre 1571, l'éclatante victoire de Lépante sur la flotte turque.
Ces succès aiguisent toujours davantage son ambition. Il vise désormais l'obtention d'un domaine où il pourrait exercer le pouvoir de manière indépendante, il rêve d'une principauté ou d'un royaume, qu'il veut acquérir en luttant contre les infidèles. Mais le traité de Venise, qui met fin prématurément à la guerre contre le sultan, fait s'évanouir toutes ces perspectives, d'autant que Philippe II ne le soutient pas. Après avoir tenté - sans succès - d'épouser Marie Stuart, dans l'espoir de parvenir plus tard au trône d'Angleterre, il est nommé en 1576 par Philippe II gouverneur général des Pays-Bas, alors insurgés, dans l'espoir que son prestige serait à même de combattre l'influence de Guillaume d'Orange. Après avoir tenté de rétablir l'ordre en offrant aux Etats-Généraux le départ des troupes espagnoles contre le retour du pays au catholicisme, il se décide à la guerre. En dépit de quelques victoires militaires remportées sur les révoltés (Gembloux, 1578), il ne parvient pas, du fait du manque de troupes et de matériel, à restaurer sur l'ensemble des Pays-Bas l'autorité de l'Espagne. Il meurt en 1578, près de Namur, d'une maladie contagieuse.
Personnage sympathique par son allure engageante et ses manières parfaites, son enthousiasme au combat et son audace font de lui l'incarnation de l'idéal chevaleresque à une époque où ce mode de vie appartenait déjà au passé. Très différent par sa légèreté et sa gaieté de son demi-frère Philippe II, à la nature grave et renfermée, il était pourtant proche de lui par sa profonde piété et son engagement inconditionnel pour la cause de la religion catholique.
Il ne doit pas être confondu avec le personnage du même nom et au destin quelque peu comparable qui vécut un siècle plus tard : fils naturel de Philippe IV et demi-frère de Charles II d'Espagne, don Juan d'Autriche (1629-1679) est lui aussi un homme de guerre, chargé d'abord de réprimer à Naples la révolte de Masaniello (1647), puis nommé plus tard vice-roi des Pays-Bas (1656). Vaincu par Turenne à la bataille des Dunes (1658), il mène sous le règne de son demi-frère de nombreuses intrigues visant à chasser du pouvoir la reine mère Marie-Anne d'Autriche et son favori, le jésuite Neithard. Devenu vice-roi de Catalogne, puis Premier ministre (1677), il meurt sans avoir accompli d'acte particulièrement marquant.
Bibliographie : H. Pirenne, Histoire de Belgique, Bruxelles, 1911, t. IV, p. 83-123.
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- Jérôme, dit Don Juan d'Autriche1545-1578Ce bâtard de Charles Quint, et donc demi-frère de Philippe II, était assez mal vu par cedernier, qui craignait un rival possible dans sa propre famille : le roi souhaitait donc l'orientervers la carrière ecclésiastique.
- Jean II le Bon1319-1364Fils de Philippe VI, qui le fit duc de Normandie en 1333, chevaleresque comme son père,mais aussi peu homme de guerre que lui.
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