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JOACHIM DE FLORE

JOACHIM DE FLORE, théologien mystique italien (Celico, Cosenza, v. 1130 - San Giovanni in Fiore 1202). Très jeune, il fut page de Roger, roi de Sicile, et eut l’occasion de voyager en Terre sainte; il fit une retraite empreinte d’ascétisme et se fit moine chez les cisterciens de Corrazo, puis fonda au couvent de Saint-Jean-de-la-Fleur une congrégation mystique reposant sur ses idées. Il écrivit de nombreux ouvrages, étudiant particulièrement les correspondances de l’Ancien et du Nouveau Testament. Son Exposition de l’Apocalypse annonce des sentiments millénaristes; quelques propositions furent condamnées par le concile de Latran, surtout son Évangile éternel, enseignant que l’Histoire est divisée en trois âges successifs établis d’après les trois personnes de la Sainte-Trinité. D’après lui, le premier aurait été celui de la Loi, c’est-à-dire du Père, le seconde celui de l’Évangile, c’est-à-dire du Fils (jusqu’au XIIIe s.), et, après de terribles catastrophes, devrait s’ouvrir le troisième âge ; celui de la contemplation, c’est-à-dire de l'Esprit-Saint, celui du sabbat de l’humanité. Ces théories lui valurent des polémiques avec la papauté, mais son ouvrage De l’unité de la Trinité fut encore plus suspect au concile d’Arles, qui condamna quelques-unes de ses idées. Ses disciples, appelés les joachimistes, déformèrent souvent sa pensée : soit dans la voie de la mystique, où ils rejoignent les spirituels, soit dans le sens des millénaristes, qui, interpolant le livre sur l’Apocalypse, considèrent ses œuvres comme prophétiques (ils le surnommèrent «le Prophète»). Bien qu’assez peu orthodoxe, Joachim de Flore n’a jamais été considéré comme un véritable hérétique. Dante lui fait une place dans son Paradis. Certains historiens pensent qu’il aurait pu être un précurseur de la Réforme et que Wyclif aurait longuement étudié ses ouvrages.

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