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JÉRÔME (saint)

JÉRÔME (saint) (lat. Hieronymus), Père et docteur de l’Église (Stridon, Dalmatie, v. 347 - Bethléem 420). Il fit des études, voyagea à Rome, en Gaule, à Trêves et fut ordonné prêtre après avoir passé trois ans dans le désert, menant la vie d’un anachorète. Il alla voir Grégoire de Nazianze à Constantinople et lui confia ses travaux d’exégèse, portant sur la traduction de la Bible de l’hébreu en latin, traduction qu’on appelle la Vulgate. Il revint à Rome, puis retourna en Orient, où il aida sainte Paule et sa fille à fonder un monastère, et se fixa à Bethléem pour terminer ses ouvrages. Il a laissé une œuvre immense de traductions, d’histoire ecclésiastique, de lettres, de discussions sur les théories d’Origène et de sermons où transparaît son éloquence persuasive. Tous les épisodes de la vie de saint Jérôme ont été souvent représentés par les peintres, particulièrement sa pénitence dans le désert, où l’on voit un ascète barbu en prière ou écrivant avec, à ses pieds, un lion.

JÉROME saint. Père et docteur de l’Eglise latine, né à Stridon aux frontières de la Dalmatie et de la Pannonie entre 341 et 350, probablement vers 347, d’une famille païenne fortunée, mort à Bethléem le 30 septembre 420. Il prit une part prépondérante à l’assimilation du classicisme païen par le christianisme, et on lui doit la traduction latine de la Bible, d’après l’hébreu, connue sous le nom de Vulgate et adoptée par le Concile de Trente, qui est le seul texte faisant autorité dans l’Eglise. Après avoir reçu à Stridon son éducation première, Jérôme se rendit à Rome. Il y eut pour maîtres le grammairien Donat et peut-être aussi l’écrivain Victorinus, qui lui donnèrent un ardent amour des lettres classiques, et reçut le baptême. Même plus tard, au fond du désert, il ne renonça pas à ses livres, et s’entendit reprocher en songe d’être moins chrétien que cicéronien. Le jeune homme séjourna ensuite à Trévise, puis à Aquilée, ou pendant peu de temps, il mena une vie studieuse et édifiante en compagnie de jeunes gens tels qu’Héliodore, Valérien, Bonosus, Rufin, Innocent, Chrysogone. Le groupe s’étant dissous (372 ou 373), Jérôme se retira dans sa ville natale, mais, attristé par des malheurs familiaux et ne parvenant pas à s’entendre avec son entourage, il partit pour l’Orient. Jérôme, dont le voyage avait pour but Jérusalem, dut s’arrêter à Antioche où il se perfectionna dans la connaissance du grec, mais, ayant rencontré l’ermite Malchus, il se retira au désert de Chalcis. Pour mieux pénétrer le sens des Ecritures, il étudia l’hébreu, mais, deux ans plus tard, sa solitude était troublée par le schisme d’Antioche. Jérôme, alors, se réfugia auprès de Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, Ampnilochius et Apollinaire. Élargissant encore, à leur contact, le champ de ses connaissances, il reconnut la valeur d’Origène et traduisit quelques-unes de ses Homélies, traduisit également et continua la Chronique d’Eusèbe, et voulut même écrire une histoire de son temps. Jérôme se rendit ensuite à Rome avec saint Épiphane et Paulin d’Antioche (382), puis, ayant gagné la confiance du pape saint Damase Ier, il en devint le secrétaire, fut chargé par lui de la traduction de la Bible et contribua beaucoup à ré-Fandre, spécialement chez les femmes, idéal monastique. Ses travaux, son prestige lui valurent bien des tracas, dont on retrouve dans ses Épîtres l’émouvant écho. Après la mort de Damase (384), Jérôme, pour échapper à ses ennemis, abandonna Rome sans retour (385), suivi de sainte Paule et de la fille de cette dernière, Eustachie. Après un séjour en Egypte, ils s’installèrent à Bethléem. Là, Jérôme et Paule fondèrent respectivement un monastère d’hommes et un couvent de femmes. C’est à Bethléem que Jérôme composa les Commentaires sur la Bible et autres introductions à l’étude des Ecritures. Cependant, il gardait le contact, par sa correspondance, avec le monde occidental. De toute la fougue de son tempérament le saint prit part à la polémique contre Origène, allant même jusqu’à rompre son amitié avec Rufin — v. Œuvres polémiques. L’existence de ce Père de l’Église n’était pas vouée seulement à l’étude et à la lutte contre les ennemis de la foi. Durant les trente et quelques années qu’il passa à Bethléem, saint Jérôme, en effet, se rendit souvent à l’hospice voisin de son monastère pour y faire oeuvre charitable.

♦ «Jérôme trouvait dans ces deux maîtres [Donat et Victorin] l’inspiration de deux écoles, ici le goût pur de la poésie profane, là les traditions de l’éloquence antique mêlées à la ferveur chrétienne. Lui-même confondait tout cela dans sa studieuse ardeur, aimant alors le christianisme plus qu’il ne le connaissait, cherchant le beau langage dans les orateurs, la vérité morale dans les philosophes, et lisant assez Empédocle et Platon pour en retenir beaucoup de maximes, qu’il croyait plus tard, disait-il, avoir apprises dans les épîtres des apôtres. » Villemain. ♦ « La véhémence de caractère, qu’il ne domina jamais complètement, l’âpreté de sa polémique, qui allait chercher l’adversaire jusqu’au plus intime de la vie privée, la roideur de sa doctrine, ennemie des accommodements, blessèrent plusieurs de ses contemporains et lui ont suscité des critiques dans les siècles rapprochés du nôtre. Mais la justice s’est faite. » Abbé Héry. ♦ « Il ne peut être question d’exposer le système théologique d’un penseur aussi médiocre; une vue d’ensemble était ce qui lui manquait le plus. » F. H. Krüger.

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