JAURÈS (JEAN)
JAURÈS (JEAN)
Homme politique et historien français né à Castres en 1859. Agrégé de philosophie, maître de conférence à la faculté des lettres de Toulouse, il se tourna bientôt vers la politique. Deux fois député du Tarn, il s’affirma comme chef de file du socialisme. En 1893, il adhéra au Parti ouvrier de Jules Guesde, prit position dans le camp des dreyfusards (1898) et fonda (1905), avec Guesde et Vaillant, la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO). Il fut assassiné à Paris au lendemain de la victoire des gauches et à la veille de la guerre (31 juillet 1914). Auteur de L’Action socialiste (1899), d’Études sociales (1904), de L’Armée nouvelle (1911), etc.
Jaurès, Jean (Castres 1859-Paris 1914); homme politique français.
Philosophe, professeur, écrivain, journaliste, théoricien socialiste et tribun populaire en une seule personne, J. en impose par ses brillantes qualités intellectuelles, son complet désintéressement personnel et son dévouement total à la cause du mouvement ouvrier français durant les deux décennies précédant 1914. D’extraction bourgeoise, cet universitaire, normalien et agrégé de philosophie en 1881, est élu pour la première fois en 1885 député du Tarn. À la Chambre, il siège tout d’abord au centre-gauche parmi les républicains « opportunistes ». Il n’est pas réélu en 1889 ; il enseigne alors à l’université de Toulouse. Il s’oriente progressivement vers le socialisme par l’intermédiaire de ses recherches philosophiques, notamment son doctorat consacré aux origines doctrinales du socialisme allemand et sous l’influence de Lucien Herr, bibliothécaire de l’Ecole normale supérieure. Sa pensée repose sur la synthèse de contradictions apparentes. Comme l’a qualifié pertinemment Léon Blum, J. est un « génie symphonique ». Il mélange en une harmonie profonde, mais éclectique, internationalisme et patriotisme, idéalisme métaphysique et matérialisme historique, collectivisme et individualisme, réformisme et révolution. J. se révèle un esprit résolument non doctrinaire. Le socialisme lui apparaît comme le but de toute l’évolution de l’humanité ; l’esprit humain trouve en lui son achèvement. Ce socialisme humaniste, qui se nourrit des traditions révolutionnaires spécifiquement françaises, conduit J. à suivre une stratégie réformiste et parlementaire. Il ne considère pas la démocratie parlementaire comme un instrument de puissance de la bourgeoisie, mais comme le cadre nécessaire qui peut seul permettre au prolétariat de conquérir le pouvoir. Il entraîne la gauche socialiste à réclamer la révision du procès du capitaine Dreyfus. Il n’est pas hostile à la participation des socialistes à un gouvernement bourgeois, comme dans le cas Millerand ; il soutient énergiquement et influence aussi le cabinet radical-socialiste de Combes de 1902 à 1905. À partir de 1898, il favorise l’union des divers groupes socialistes, qui se produit en 1905 sous la pression de l’internationale. L’année précédente, il fonde le journal L’Humanité. Au sein du parti socialiste, J. finit par l’emporter sur son concurrent Jules Guesde, partisan d’un marxisme dogmatique. Dans son dernier ouvrage, L’Armée nouvelle (1910), il décrit un Etat socialiste et recommande la transformation de l’armée permanente en une milice. Depuis 1911 tout particulièrement, il se prononce pour une détente internationale et la recherche de solutions pacifiques aux différends avec l’Allemagne impériale. Il s’attire aussi de vives inimitiés. Le nationaliste français Raoul Villain l’assassine à la veille du déclenchement de la Première Guerre mondiale le 31 juillet 1914.
Bibliographie : H. Goldberg, Jean Jaurès, 1970 ; J. Rabant, Jaurès, 1971.
ASSASSINAT DE JEAN JAURÈS •31 juillet 1914 Alors que l’Autriche vient de déclarer la guerre à la Serbie, que l’Allemagne s’apprête visiblement à entrer dans le conflit, la France, du moins son Gouvernement, qui est ouvertement pacifiste, tente de faire prévaloir la raison. Au premier rang, dans cette ultime lutte pour la paix, se trouve le dirigeant socialiste Jean Jaurès, qui, le 29 juillet, se rend à Bruxelles au bureau de la IIe Internationale - il croit que l’internationale socialiste peut empêcher la guerre, fût-ce en déclenchant une grève générale — et en rentre découragé de voir que le patriotisme l’emporte sur le pacifisme. Le surlendemain, alors qu’il dîne au Café du Croissant, tout près du siège de L’Humanité, qu’il dirige, il est assassiné de deux coups de feu à la tête. Le meurtrier est un jeune exalté, Raoul Villain, qui sera jugé en 1919 et acquitté. La guerre l’emporte.JAURÈS Jean (1859-1914) Homme politique français. Issu d’une famille appartenant à la petite bourgeoisie urbaine et comptant plusieurs officiers de haut rang, reçu à l’École normale supérieure (1878), agrégé de philosophie (1881), Jean Jaurès est d’abord professeur de philosophie au lycée d’Albi (1881-1885). En 1882, il commence à préparer une thèse de doctorat qu’il ne soutiendra en Sorbonne qu’en 1892, les circonstances de sa vie l’ayant poussé vers d’autres voies. Il sait néanmoins revenir à ses chères études quand il le faut : en 1898, il lance une vaste entreprise collective, l’Histoire socialiste de la France dont il rédige les volumes consacrés à la Révolution (1789-1794). Encouragé par des proches, il accepte de devenir le candidat des républicains du Tarn pour les élections législatives de 1885. Il est élu dès le premier tour. Battu aux élections législatives de septembre 1889, J. Jaurès retourne à ses études de philosophie et achève sa thèse De la réalité du monde sensible. Durant la même période, il se met à lire les grands textes socialistes du xixe siècle. C'est dans les dernières années du siècle que la pensée socialiste de J. Jaurès s’épanouit vraiment. Fermement attaché aux valeurs de la République, telles que la Révolution française les a promues, le socialisme jaurésien n’est pas dépourvu d’autres apports. Tout en refusant toute espèce d’économisme, qui réduirait la vie de l’homme à son activité de producteur, il engage un long dialogue avec les idées de Marx qu’il retient comme critique pertinente du capitalisme. L’affaire Dreyfus, au cours de laquelle il s’engage vigoureusement en faveur de la révision du procès du capitaine (Les Preuves, 1898), achève de lui conférer une haute stature même s’il est de nouveau battu aux élections législatives de 1898 (il avait été réélu député en 1893). Au-delà de ses combats en faveur de la justice sociale, qui s’expriment notamment dans son journal L’Humanité fondé en 1904, la grande affaire de J. Jaurès reste son combat contre tous les périls de guerre. C’est comme incarnation du combat pacifiste que « Herr Jaurès » est assassiné par Raoul Villain le 31 juillet 1914 alors que le déclenchement de la Grande Guerre est imminent. Ses obsèques ont lieu le 4 août dans un climat d’Union sacrée. Le chef socialiste était déjà entré dans la légende de la République : le transfert de ses cendres au Panthéon, le 23 novembre 1924, le révélera avec pompe.
Liens utiles
- Jaurès, Jean
- Jean Jaurès
- Au point où en étaient les choses, l'enquête officieuse avait donné tout ce qu'elle pouvait donner. Jean Jaurès, les Preuves, ABU, la Bibliothèque universelle
- Ainsi, c'est dans un faux que l'accusation de faux commence à s'essayer : c'est une pièce fausse qui sert de berceau au mensonge encore vagissant. Jean Jaurès, les Preuves, ABU, la Bibliothèque universelle
- BRIANDAristide(1862-1932)Homme politiqueAprès avoir fondé le parti socialiste français en 1901 avec Jean Jaurès,il est élu député de la Loire-Inférieure en 1902.