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JAMBALA

JAMBALA, v. KUBERA. jansénisme, doctrine religieuse et morale catholique du XVIIe s., du nom de Jansenius, dont l’ouvrage, l'Augustinus, paru en 1640 sous les auspices de l’abbé de Saint-Cyran (Duvergier de Hauranne), fut attaqué par la Sorbonne et les jésuites, La doctrine portait sur la grâce efficace, exagérait le point de vue de saint Augustin et donnait peu de part au libre arbitre. La crise janséniste s’ouvrit par la parution de la Fréquente communion en 1643, dont l’auteur était Antoine Arnaud, de la famille nombreuse et illustre qui, avec Port-Royal, allait devenir la pierre angulaire du jansénisme. Cette abbaye de l’Ile-de-France, jadis cistercienne et tombée en décadence, avait été réformée par une très jeune abbesse, la mère Angélique Arnaud, dès le début du XVIIe s. L’abbé de Saint-Cyran, venu en 1623, y régnait en maître spirituel depuis 1634, tandis que la mère Agnès Arnaud avait écrit un opuscule mystique et austère, le Chapelet secret, qui annonçait le rigorisme janséniste. La politique se joignant aux discussions religieuses, Richelieu fit enfermer Saint-Cyran à Vincennes. C’est là qu’il composa ses lettres chrétiennes. Antoine Arnaud, dit le Grand Arnaud, prit alors une influence considérable. Les partis s’affrontèrent. La famille Arnaud (dont douze membres furent donnés à Port-Royal) devint la cible des molinistes, et les querelles se poursuivirent pendant tout le XVIIe s. En 1649, Nicolas Cornet présenta à la faculté de théologie cinq propositions tirées de l'Augustinus. Après examen et condamnation, Port-Royal se soumit, mais les intrigues continuèrent plus tracassantes que jamais; c’est alors qu’intervint Pascal avec ses fameuses lettres éloquentes et ironiques, les Provinciales. Cependant deux miracles accomplis sur la personne de la propre nièce de Pascal et sur la fille du peintre Philippe de Champaigne, toutes deux religieuses de Port-Royal, ébranlèrent les esprits. Certains néanmoins restèrent sur la défensive. Les troubles de la Fronde, l’appui de grandes familles ranimèrent les suspicions. En 1661, le fameux «Formulaire», que devaient signer les jansénistes sous peine d’excommunication, fut rédigé, ce qui amena des soumissions forcées et des interdictions visant à détruire l’esprit janséniste. L’archevêque Beaumont de Péré-fixe fut très dur. Après une courte période que Sainte-Beuve appelle l’«automne de Port-Royal», les luttes reprirent le plus souvent avec un caractère politique; la dispersion des dernières religieuses résistantes se fit en 1709, et l’abbaye de Port-Royal des Champs fut entièrement détruite, tandis que celle de Paris était aux mains d’abbesses molinistes. Cependant, en 1713, la bulle Unigenitus condamnait définitivement la doctrine, ce qui groupa certains «appelants», à qui on refusa parfois les sacrements. L’agitation reprit par soubresauts pendant une grande partie du XVIIIe s.; les «convulsionnaires de Saint-Médard», à Paris, en sont une forme populaire ; des opposants firent survivre en France quelques petites communautés jansénistes. Aujourd’hui encore, la Hollande, qui avait recueilli Antoine Arnaud, reste fidèle au jansénisme, qui a son centre à Utrecht.