Jacques Ier (Édimbourg 1566-Theobalds Park, Hertfordshire, 1625) ; roi d'Angleterre et d'Irlande [1603-1625], roi d'Écosse sous le nom de Jacques VI [1567-1625].
Jacques Ier (Édimbourg 1566-Theobalds Park, Hertfordshire, 1625) ; roi d'Angleterre et d'Irlande [1603-1625], roi d'Écosse sous le nom de Jacques VI [1567-1625].
À l'âge de treize mois, après l'abdication forcée de sa mère, la catholique Marie Stuart, J. est proclamé roi d'Écosse, alors que son royaume s'est détaché de l'Église catholique quelques années auparavant. Ballotté entre les différents partis aristocratiques qui s'affrontent dans le pays, J. reçoit une éducation religieuse strictement protestante. Son maître, le célèbre poète, humaniste et historien George Buchanan, essaie de lui inculquer les idées de souveraineté du peuple, de limitation du pouvoir royal et du droit de résistance à un souverain tyrannique. Contraint dès le début de louvoyer politiquement, J. réussit néanmoins, en dépit de sa position initiale extrêmement faible, à renforcer l'autorité royale, tant face aux comtes catholiques rebelles du Nord que face à l'Église presbytérienne ; il transforme le pays, tombé dans une quasi-anarchie, en un État où l'ordre règne grâce à un pouvoir central relativement ferme. S'il connaît des succès en Écosse, J., qui devient en 1603 roi d'Angleterre et d'Irlande en tant que le plus proche héritier du trône, ne vient cependant pas à bout, dans son nouveau royaume, de la difficile tâche consistant à délimiter les compétences du roi et du Parlement. Porté naturellement à l'absolutisme, il se fait lui-même le théoricien de la monarchie absolue
de droit divin dans deux ouvrages qui font de lui un écrivain politique non négligeable : la True Lawe of Free Monarchies (1598) et le Basilikon Doron (1599). Prenant délibérément le contre-pied de Buchanan, il estime que le roi n'a de comptes à rendre qu'à Dieu et qu'il ne doit pas y avoir de limites à la prérogative royale. Aussi cherche-t-il à se passer le plus possible du Parlement, en augmentant les revenus de la couronne par des droits de douane supplémentaires, des ventes de monopoles ou l'aliénation de portions du domaine royal. Bien qu'élevé au sein de l'Église presbytérienne d'Écosse, il est très hostile aux aspects démocratiques du presbytérianisme, et choisit de s'appuyer sur l'Église anglicane dont il est le chef et nomme les évêques, tout en réduisant toutes les oppositions, celle des catholiques qui montent contre lui la Conspiration des poudres (1605) comme celle des puritains. Ces derniers en viennent sous son règne à choisir parfois l'émigration, vers la Hollande ou vers l'Amérique (arrivée des pères pèlerins du Mayflower au Massachusetts, 1620). Cette politique suscite un conflit entre le roi et le Parlement (« Grande Protestation » de 1621), conflit qui va par la suite aller en s'aggravant, pour aboutir à la guerre civile. Pendant les dernières années de son règne, J., prématurément vieilli et subissant de plus en plus l'influence de son favori Buckingham, enregistre des échecs dans le domaine de la politique extérieure. Ne voulant rompre avec aucune des parties engagées dans la guerre de Trente Ans, J. abandonne ainsi le rôle traditionnel joué par l'Angleterre de leader des puissances protestantes, et en essayant, avec des moyens insuffisants, de jouer les médiateurs en vue de restaurer la paix, il se rend suspect aux yeux de tous. Son règne est néanmoins marqué par un remarquable essor économique, et une brillante activité culturelle qu'il contribue à favoriser en se faisant le protecteur de Shakespeare et en appuyant l'entreprise de traduction de la Bible en anglais (1611). Porté au gaspillage, pédant, plein de contradictions, J. connaît mal les hommes et manque de bon sens. Ces défauts, que ne compensent ni son extraordinaire savoir ni la perspicacité dont il peut faire preuve à l'occasion, ont finalement fait en sorte que, en dépit de son authentique bonne volonté, le roi d'Angleterre de loin le plus cultivé échoue dans sa principale entreprise politique, qui consiste à faire coïncider sans heurts les exigences d'un État moderne avec les traditions politiques anglaises héritées du passé.
Bibliographie : M. Duchein, Jacques Ier, le roi de paix, 1985 ; F. Lebrun, Le XVIIe Siècle, 1967, p. 129-133.
JACQUES Ier (Édimbourg, 1566-Theo-balds Park, 1625). Roi d'Écosse sous le nom de Jacques VI (1567-1625) et roi d'Angleterre et d'Irlande (1603-1625). Son attachement à l'absolutisme et sa volonté d'imposer l'unité de foi à ses sujets lui aliénèrent une grande partie de l'opinion. Fils de Marie Stuart, il succéda sans difficulté à Élisabeth Ière, et son accession au trône réalisa l'union personnelle de l'Angleterre et de l'Écosse. Intelligent et remarquablement cultivé, il défendit, à travers deux ouvrages, la monarchie de droit divin et s'appuya sur l'anglicanisme qui faisait du roi le chef de l'Église. Mais sa politique d'uniformité religieuse se heurta à l'opposition des catholiques qui fomentèrent contre lui la conspiration des Poudres (1605), et à celle des puritains. Jacques Ier refusa aussi de convoquer durant sept ans le Parlement qui lui refusait des subsides et laissa en réalité gouverner des favoris incapables, comme George Villiers, duc de Buckingham, ce qui acheva de le rendre très impopulaire.
Liens utiles
- Robert Ier Bruce1274-1329Deuxième du nom et roi d'Écosse en 1306.
- LOTHAIRE(941-2 mars 986)Roi de France (954-986)Fils et successeur de Louis IV d'Outremer (surnommé ainsi parce qu'ils'était réfugié en Angleterre sous les règnes de Robert Ier et Raoul, quiavaient déposé son père, Charles le Simple).
- Adeliza de Louvain1110-1151Descendante de Charlemagne par son père, Godefroy de Louvain, Henri Ier roi d'Angleterre,le quatrième fils de Guillaume le Conquérant, l'épousa en secondes noces, en 1120.
- Jacques V d'Écosse1572-1542Jacques succéda à l'âge d'un an à son père, Jacques IV, roi d'Écosse, tué à Flodden, la régenceétant exercée par sa mère, puis par le duc d'Albany (1515).
- Étienne Ier " le Saint "régna de 997 à 1038Étienne Ier (de la dynastie des Árpád), connu sous le nom de saint Étienne, régna de 997 à1000 en qualité de prince et de 1000 à 1038, comme roi couronné.