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Innocent IV, Sinibaldo Fieschi (Gênes v. 1195-Naples 1254) ; pape [1243-1254].

Innocent IV, Sinibaldo Fieschi (Gênes v. 1195-Naples 1254) ; pape [1243-1254]. Plus juriste encore que son prédécesseur Innocent III, dont il reprend le nom et poursuit l'oeuvre codificatrice (collections de décrétales et commentaire officiel de celles de Grégoire IX), I. est élu le 25 juin 1243 (consacré le 28), huit mois après le décès de Célestin IV. Issu du lignage des Fieschi/ comtes de Lavagna en Ligurie, I. a servi Grégoire IX, qui le crée en 1227 cardinal et vice-chancelier (l'office de chancelier est définitivement vacant depuis 1216), puis recteur de la marche d'Ancône. L'application des théories théocratiques d'innocent III, encore raidies, est rendue délicate par le conflit avec Frédéric II, l'empereur excommunié. Quittant Rome le 7 juin 1244, arrêté par la maladie à Gênes, I. s'installe à Lyon en décembre 1244. La ville est centrale et sûre. Elle est d'Empire mais largement indépendante car sous la domination temporelle de l'archevêque et de son chapitre ; et le roi de France est tout près, sur l'autre rive de la Saône. Il faut prendre de vitesse Frédéric II, qui agite depuis quelques années l'idée d'un concile universel pour faire pièce au pape. En 1244 les Turcs ont écrasé les armées chrétiennes à Gaza. I. réunit donc un grand concile, Lyon I (13e concile oecuménique), qui réunit trois patriarches latins, 12 cardinaux, environ 140 évêques. Soigneusement préparé par des enquêtes (la grande invention juridico-administrative du XIIIe siècle) et des rapports, le concile poursuit dans le domaine ecclésiologique la tradition de Latran IV. Il déplore la séparation avec l'Église grecque, dépose en outre solennellement l'Empereur le 17 juillet pour hérésie, sacrilège, parjure et atteinte à la paix. Le pape, en souverain, dirige tous les débats. Accentuant la pression sur l'Italie du Nord où lui-même et ses légats ont noué de puissants réseaux de fidélités et attisent l'agitation communale, déstabilisant le pouvoir impérial, I. voit l'effondrement du rêve de Frédéric II (1247-1250). Triomphalement rentré en Italie (1251), le pape doit toujours lutter avec une active opposition gibeline au nord, staufen au sud. Après la mort du fils de Frédéric II, Conrad IV, roi de Germanie, le pape espère, comme jadis Innocent III, jouer les mentors auprès du nouveau roi de Sicile, Manfred, bâtard de Frédéric II (oct. 1254). Le pape s'installe à Naples et apprend, mourant, la révolte de Manfred. Au décès d'I. (7 déc. 1254), le conflit est ainsi relancé, que seul résoudra l'appel à Charles d'Anjou.

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