HUYGHENS (CHRISTIAN)
HUYGHENS (CHRISTIAN)
Mathématicien, physicien et astronome hollandais né et mort à La Haye (1629-1695). Il séjourna en France entre 1665 et 1685 à la demande de Colbert. Il inventa l’horloge à balancier, proposa une théorie ondulatoire de la lumière, découvrit le premier satellite de Saturne, travailla aussi sur le calcul des probabilités, étudia la loi du choc des corps, écrivit de nombreux traités. Au moment de la révocation de l’édit de Nantes (1685), il regagna son pays.
HUYGHENS Christian (son nom s’écrit également : Huighens, Hugehns, Hugenius). Physicien hollandais. Né le 14 avril 1629, à La Haye, où il mourut le 8 juin 1695. Son père, Constantin Huyghens, ministre de Guillaume 111 d’Orange et homme fort cultivé, commença son instruction qu’il compléta à l’Université de Leyde. Il manifesta vite des aptitudes pour les mathématiques. En fait, en 1651, il soumit à une pénétrante critique la méthode pour les quadratures utilisées par le célèbre Gregorio di San Vincenzo. Il s’intéressait également aux constructions mécaniques et à la physique expérimentale (deux domaines alors étroitement liés). En 1655, en collaboration avec son père, il découvrit une nouvelle méthode de polissage des lentilles qui permit la construction d’un nouveau télescope grâce auquel il put observer le système des satellites de Saturne et en découvrir un nouveau (le sixième); ces observations lui inspirèrent deux ouvrages : Observation nouvelle sur le satellite de Saturne (1656) et Le Système de Saturne (1659). Il réussit également à observer effectivement, pour la première fois, la nébuleuse d’Orion (1656). Mais l’invention qui le rendit célèbre fut celle de l’horloge à pendule. Pour en comprendre toute l’importance, il faut se rappeler que cette époque était celle de la navigation océanique et qu’il était donc des plus urgents de résoudre le difficile problème de la détermination de la longitude en haute mer; ceci aurait pu être théoriquement résolu en dotant les navires d’horloges suffisamment exactes, mais la technique d’alors n’était pas en état de fournir de tels instruments. L’horloge de Huyghens résolut le problème (ou du moins en rendit la solution possible). Huyghens présenta son horloge aux Etats-Généraux des Provinces-Unies, et l’année suivante il en publia une description sous le titre de Horologium. Entre-temps, il poursuivait ses études mathématiques et ses recherches de dynamique liées au problème du pendule. Sa réputation lui valut d’être nommé en 1663 membre de la Royal Society de Londres; et en 1665 Colbert l’engage au service de la marine française. Huyghens se rendit alors en France où il demeura jusqu’en 1681 presque sans interruption (sauf de courts voyages en Hollande et en Angleterre). Ce sera la période la plus heureuse et la plus féconde de son activité; il deviendra à Paris une sorte de maître pour de nombreux mathématiciens, dont Leibniz, il obtint un grand succès comme physicien et accomplit ses recherches les plus importantes, parmi lesquelles celles sur la dynamique (sur les lois du pendule et de la force centrifuge) exposées dans l’ouvrage important intitulé Horologium oscillatorium (1673). Il commence également ses études sur la lumière (optique physique) qu’il terminera en Hollande. Mais en 1081, dégoûté par les persécutions contre les huguenots ses coreligionnaires, il quitte le service de la France et retourne en Hollande où il reçoit de grands honneurs; à l’Université de Leyde, il se forme autour de lui un groupe important de disciples et d’admirateurs. En Hollande il publia en 1690 le célèbre Traité de la lumière auquel se trouve aujourd’hui liée sa renommée. En mourant, il laissa à l’Université de Leyde ses manuscrits, dont une autobiographie : De vita propria.
♦ « Il y a quelque temps que le professeur Schooten m’envoya un écrit du second fils de M. de Zuylichem [Huyghens], touchant une invention de mathématiques qu’il avait cherchée; et encore qu’il n’y eût pas trouvé tout à fait son compte (ce qui n’est pas étrange, parce qu’il cherchait une chose qui n’a jamais pu être trouvée par personne), il s’y était pris de tel biais, que cela m’assure qu’il deviendra excellent en cette science, dans laquelle je ne vois presque personne qui sache rien. » Descartes. ♦ « Peut-être sa famille eut-elle de la peine à lui pardonner d’avoir renoncé à tous les avantages qui auraient rejailli sur elle et de n’avoir été qu’un grand homme.» Condorcet. ♦ «En général, lorsqu’on examine de près les travaux physiques de Huyghens, on y remarque toujours l’empreinte de la méthode que Descartes porta dans l’étude de la nature, et qui consiste à imaginer des combinaisons artificielles pour la représenter, au lieu de chercher, comme Newton, à déduire mathématiquement et nécessairement les forces qui agissent en elle, d’après la comparaison des faits observés. » Biot.