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HUSSITES

Nom donné aux partisans du réformateur Jan Hus, qui, après l'exécution de celui-ci, suscitèrent en Bohême un puissant mouvement à la fois national et religieux. Les hussites se partagèrent en deux groupes : les modérés, qui mirent surtout l'accent sur la revendication d'une communion sous les deux espèces, d'où leur nom d'utraquistes (du latin sub utraque specie = sous les deux espèces) ou de calixtins (du calice qu'ils avaient pris pour signe de ralliement) ; les extrémistes, qui poussaient dans toutes leurs conséquences les doctrines de Hus et réclamaient une religion fondée uniquement sur l'Écriture. À Prague, le parti hussite se confondit bientôt avec le parti anti-impérial et reçut l'appui du roi Wenceslas (v.), jaloux de son frère Sigismond (v.). Après la mort de Hus, ses partisans se livrèrent à des violences contre les catholiques, et, dans une diète tenue à Prague, la noblesse forma une alliance pour soutenir la liberté de la prédication et pour résister à l'autorité ecclésiastique si celle-ci n'agissait pas conformément à l'Écriture (1416). Les principaux chefs du parti étaient Nicolas de Pistna, Jean Zizka et l'ex-prémontré Jean de Selau. L'avènement sur le trône de Bohême de l'empereur Sigismond provoqua le déclenchement de la guerre hussite (1419/36). Les hussites remportèrent une série de victoires, mirent au pillage de nombreuses villes allemandes de Bohême et défirent la croisade menée par le cardinal Cesarini (1431). Le concile de Bâle se décida alors à ouvrir des négociations, qui eurent pour résultat les compactata de Prague (30 nov. 1433) : les hussites obtenaient la communion sous les deux espèces. Certains courants extrémistes continuèrent la lutte, mais ils furent vaincus à Mipany (30 mai 1434). À la diète d'Iglau, les compactata furent confirmés (5 juill. 1436) et l'empereur Sigismond fut reconnu comme roi de Bohême. Au cours du XVIe s., la majorité des hussites de Bohême se rallia au luthéranisme cependant qu'une minorité revenait au catholicisme (1549). Certains taborites (v.) entrèrent dans le groupe des Frères moraves (v.).



HUSSITES. Nom donné aux adeptes du réformateur tchèque, Jan Hus, dont l'exécution provoqua en Bohême un puissant mouvement à la fois national et religieux. L'avènement sur le trône de Bohême de l'empereur germanique Sigismond fut le signal de la révolte ouverte des hussites qui, durant 18 ans (1419-1437), réussirent à tenir tête aux croisades prêchées contre eux par le pape. Les Quatre articles de Prague (1420), programme commun des hussites, exigeaient la liberté de prédication de l'Écriture, la communion sous les deux espèces - communion d'ordinaire réservée au clergé (vin et pain) -, la confiscation des biens du clergé et la punition des péchés mortels par les autorités civiles. Les victoires remportées par les hussites et l'échec de la croisade du cardinal Cesarini (1431) décidèrent l'Église à composer avec l'hérésie. Les Compactata de Bâle (1433), conclus avec les modérés, accordèrent la communion sous les deux espèces. Les radicaux (ou taborites), défenseurs irréductibles des Quatre articles, furent finalement vaincus (1434), les Compactata confirmés (1436) et l'empereur Sigismond reconnu comme roi de Bohême. La réforme de Luther attira au xvie siècle une grande partie des Tchèques. Mais l'Église hussite sera détruite au xviie siècle, après le désastre des Tchèques à la Montagne Blanche face aux Habsbourg ( 1620) et la reconquête catholique de la Contre-Réforme.